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Tech - Télécom

Internet par satellites : Amazon confirme son arrivée imminente en France

Le géant du e-commerce le confirme à l’Informé : avec Kuiper, il concurrencera bien prochainement l’opérateur Starlink d’Elon Musk, lancé en France en 2021.

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Photo by United Launch Alliance

Amazon se prépare bien à marcher sur les platebandes de Starlink. En toute discrétion, le groupe de Jeff Bezos a ouvert cet été dans l’Hexagone une filiale destinée à commercialiser ses futures offres d’accès à Internet par satellites. Amazon Kuiper Services Europe est une succursale de sa société mère basée au Luxembourg. Placée sous la direction de Clément Monjou, responsable des partenariats pour Alexa International, elle doit fournir des services de connectivité et d’activité connexe.

Amazon le confirme à l’Informé, le lancement commercial ne va plus tarder : « Le Projet Kuiper fournira un haut débit rapide et abordable aux régions non couvertes et mal couvertes du monde entier, y compris les zones rurales et isolées de France, indique un porte-parole. Il s’agit d’une initiative à long terme, et nous sommes impatients de travailler avec les autorités françaises et des partenaires locaux pour contribuer à connecter les clients et les territoires à travers le pays. »

Avant cela, il lui faut encore obtenir une autorisation du gendarme des télécoms, l’Arcep, afin de pouvoir émettre le signal (bande de fréquence Ka) vers les satellites depuis des stations terrestres (des téléports). Contactée, l’autorité a indiqué ne s’exprimer qu’après attribution des fréquences. Amazon n’a pas voulu confirmer avoir déposé une demande.

L’autre préalable indispensable sera évidemment d’avoir des satellites dans l’espace pour assurer la communication. Deux premiers prototypes, KuiperSat-1 et KuiperSat-2, seront lancés ce vendredi. Ils permettront d’effectuer des premiers tests en conditions réelles aux États-Unis cette année. À plus long terme, Kuiper envisage une constellation de 3236 objets spatiaux. Une partie d’entre eux sera propulsée par la future fusée Ariane 6. 18 lancements sont prévus dans le contrat signé par Amazon avec Arianespace en 2022.

Dans un premier temps, Kuiper commercialisera son offre auprès d’opérateurs télécoms, charge à eux de revendre ensuite la connexion au client final. Vodafone, pour l’Europe, et Vodacom, pour l’Afrique, seront parmi les premiers à participer à ces tests. À terme, trois offres seront proposées avec des débits différents : 100 mégabits par seconde, 400 mégabits par seconde et 1 Gigabits par seconde, cette dernière étant destinée aux entreprises, gouvernements et opérateurs télécoms.

À quel prix ? Amazon n’a pas encore dévoilé sa grille tarifaire mais il affirme sur son site s’engager « depuis longtemps en faveur de prix bas et posséder une grande expérience dans la création d’appareils populaires et peu coûteux comme Echo Dot (son assistant vocal) et Fire TV Stick (boîtier multimédia pour la télévision). Nous appliquons une approche similaire avec le projet Kuiper. » Le géant du e-commerce n’aura de toute façon pas le choix de casser les prix s’il veut rattraper son retard sur Starlink, l’opérateur d’Elon Musk. À 99 euros par mois lors de son lancement en France en 2021, le tarif de ce dernier est tombé à 50 euros en 2022 et à 40 euros depuis juillet (hors coût de la parabole à 450 euros). Face à la pression des groupes américains, Orange a décidé aussi d’accélérer. Il proposera d’ici peu une offre commerciale grand public à son nom grâce à sa filiale Nordnet. Annoncée par la directrice générale du groupe, Christel Heydemann, ce service repose sur un nouveau type de satellite opéré par Eutelsat, Konnect VHTS, et non sur une constellation en orbite basse. Le match est lancé.