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Il répare les smartphones pour Samsung, Fnac ou Orange... CEAT en redressement judiciaire

Fragilisée par le covid et l’émergence de nouveaux concurrents, l’entreprise dijonnaise pourrait être revendue. Environ 250 salariés sont concernés.

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Peter Dazeley / Getty Images

C’est l’un des grands acteurs français de la réparation de smartphones. Les géants Samsung, Fnac/Darty ou encore Orange lui confient les téléphones endommagés de leurs clients. Et pourtant, selon nos informations, le groupe CEAT (Centre Electronique de l’Audiovisuel et des Transmissions) vient d’être placé en redressement judiciaire après deux années difficiles durant lesquelles il a cumulé 2,9 millions d’euros de pertes nettes. L’entreprise familiale, créée par Gilbert Vigneron dans les années 1970 et désormais dirigée par son fils François, a six mois pour définir un plan de redressement solide, en recourant éventuellement à de nouveaux investisseurs. Un appel à repreneurs a aussi été enclenché : les candidats potentiels ont jusqu’au 24 février prochain pour se manifester.

Bien sûr, le covid n’est pas pour rien dans ce revers. Même si l’entreprise a rapidement déclenché les dispositifs PGE et chômage partiel, la pandémie a pesé sur son activité. Confinés, les Français ont moins cassé leurs smartphones ! Entre 2019 et 2020, le chiffre d’affaires a baissé de 33 à 28 millions d’euros. Depuis, le groupe a aussi subi l’expansion de nouveaux concurrents, plus petits mais plus rapides que lui. Quand CEAT a besoin d’un certain délai pour intervenir sur les mobiles usagés - les opérations sont centralisées dans son usine près de Dijon-  des réparateurs indépendants et des chaînes organisées comme WeFix ou Save s’installent au coin de la rue, facilement accessibles, et promettent des délais raccourcis. Enfin, l’industriel a pâti du développement de Backmarket, Recommerce et consorts. Alors que de plus en plus de Français se sont mis à acheter des mobiles reconditionnés plutôt que de faire réparer leur propre appareil, longtemps, CEAT n’a pas compté les cadors du reconditionnement parmi ses clients. Mais le groupe s’adapte : il a investi le segment depuis peu et s’est diversifié dans la réparation d’autres produits, comme les trottinettes.

Divers candidats pourraient s’intéresser à ce gros employeur de l’agglomération dijonnaise (250 employés au total). Des concurrents, d’abord : le groupe breton Cordon, le Montpelliérain Sofi groupe (ex-Fibrosud), le Boulonnais SBE ou encore le courtier en assurances SPB, qui a racheté le réseau Save début 2019. Autre scénario possible, ses clients actuels pourraient se regrouper en club pour soutenir leur prestataire. Après tout, le réparateur dispose, en Côte d’Or, d’un outil industriel efficace, d’un stock de pièces détachées pas si courant et d’un bataillon de salariés formés, capables de restaurer des milliers de téléphones chaque année.