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Médias - Culture

Le Cours Legendre joue son avenir à la barre du tribunal

L’entreprise de soutien scolaire est en redressement judiciaire depuis début novembre. Les candidats repreneurs ont jusqu’à ce 5 janvier pour remettre leurs offres à l’administratrice judiciaire.

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NICOLAS ARMER / dpa Picture-Alliance via AFP

L’un des acteurs historiques du marché du soutien scolaire en France sera bientôt fixé sur son sort. Alors que le célèbre Cours Legendre a été placé en redressement judiciaire début novembre, le tribunal de commerce va statuer sur son avenir le 12 janvier, la décision ayant été renvoyée à cette date à l’issue d’une première audience, mi-décembre. Pour sortir des difficultés, l’entreprise a consenti à un plan de cession : les repreneurs prêts à s’adjuger ses actifs ont jusqu’à ce 5 janvier pour remettre leur dossier à l’administratrice judiciaire. « L’appel d’offres devait aller vite de manière à éviter une dégradation du fonds de commerce et de générer de l’inquiétude au sein de la clientèle », commente-t-on dans l’entourage de la société.

Quatre candidats-repreneurs en décembre

Avant l’audience de décembre, quatre candidats à la reprise s’étaient positionnés. Le dossier a attiré l’un des principaux concurrents du Cours Legendre, Acadomia, et plus largement sa maison mère Domia, qui est elle-même contrôlée par le fonds IK Partners. Une autre entreprise de soutien scolaire, à la notoriété plus modeste, PH Parkours, s’était aussi signalée. Également sur les rangs, SBT Group, spécialisé dans l’e-learning ; cette société développe plus globalement des applications numériques recourant aux neurosciences. Enfin, un acteur extérieur au secteur, Hildegarde, a aussi montré son intérêt. Cette holding vient plutôt du monde de l’audiovisuel et du cinéma, avec des activités de production (Folimage), de formation (Ecole supérieure d’études cinématographiques, Paris College of Art) ou de presse (Le Film français, Première). Rien ne dit toutefois que ces quatre prétendants se manifesteront une nouvelle fois auprès de l’administratrice judiciaire.

Le Cours Legendre s’était trouvé en cessation de paiement mi-octobre, ce qui avait ouvert la voie au dépôt de bilan des trois entités qui composent le groupe - l’une présente dans les cours de soutien à domicile, une deuxième dans les cours de rattrapage collectif, la troisième dans l’édition de cahiers de devoirs. Le jugement d’ouverture du redressement judiciaire, que s’est procuré L’Informé, évoque « une perte de clientèle, un manque de moyens financiers, une perte de compétitivité et un passif trop important ». En 2021, le chiffre d’affaires total n’était plus que de 4 millions d’euros, contre 6 millions deux ans plus tôt. Le Covid-19 et les confinements ont eu un impact néfaste sur la santé du Cours Legendre, qui compte une vingtaine de salariés permanents (hors professeurs) et six agences. « L’activité de la société a reculé d’environ 35 %, là où celle de l’ensemble de la filière s’est repliée de 25 % », résume un proche de la société.

Acteur historique du secteur, créé dès 1957, l’organisme est reconnu, notamment grâce à son recrutement de professeurs issus de l’Education nationale.  Mais « l’entreprise a pâti d’un certain retard sur ses concurrents dans les cours en ligne, avec des besoins d’investissements importants dans l’outil numérique, poursuit un autre connaisseur du dossier. Son savoir-faire reste largement dans les cours présentiels. » Alors qu’elle perdait des parts de marché, notamment face à des pure-players numérique du type Superprof ou GoStudent, l’entreprise aurait accumulé les pertes ces dernières années. Son dirigeant Pierre Lansonneur, qui est l’actionnaire de contrôle, et son associé auraient injecté plusieurs millions d’euros pour soutenir l’activité, pendant la période.

Crédit d’impôts instantané : une mise en place douloureuse

Une réforme, celle de l’instauration du crédit d’impôts instantané pour le soutien scolaire, est venue créer de la tension supplémentaire au sein du Cours Legendre. Acheter des cours donne le droit à un avantage fiscal égal à 50 % de la dépense. Depuis le printemps 2022, celui-ci est directement déduit du paiement de la prestation : il ne faut plus attendre l’année N+1 pour percevoir un chèque du fisc. Or, si la mesure a de quoi inciter bon nombre de ménages à recourir au soutien scolaire, elle n’a pas fait les affaires du Cours Legendre : sa mise en place a causé des décalages dans ses flux de trésorerie et fait apparaître « un besoin de financement estimé à l’équivalent à 2-3 mois d’activité », dixit un proche du dossier.