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Continuer la lectureDeux offres pour Aldebaran, le père des robots Nao et Pepper
La société est en redressement judiciaire depuis février. Elle devrait perdre une partie de ses effectifs en France.
Les petits humanoïdes d’Aldebaran vont peut-être sauver leur tête. Placé en redressement judiciaire en début d’année, ce spécialiste de la robotique, inventeur du fameux Nao, a reçu deux offres de reprise selon nos informations. La première émane d’une société suisse en cours de constitution, Nao Robotics, détenue à 70 % par une holding basée à Dubaï et à 30 % par des personnes privées : elle propose de récupérer le stock de l’entreprise pour 1 million d’euros, le reste (surtout les brevets) pour 3 euros, et s’engage à conserver une partie de ses salariés actuels. Le dossier prévoit de maintenir 24 collaborateurs à leurs postes et de créer 28 nouveaux emplois « en fonction de la mise en place du projet de transformation après la reprise », quand Aldebaran comptait encore 164 salariés au début de la procédure judiciaire.
L’idée du repreneur ? Concentrer les efforts sur Nao (aux dépens de ses petits frères, Duo, Pepper et Plato) pour en terminer la version 7 tout en continuant à commercialiser la version 6. Il souhaite aussi déplacer le centre névralgique de l’entreprise, aujourd’hui en France. Des pôles de décision, de fabrication et de commercialisation devraient être installés aux États-Unis (Boston), aux Émirats arabes unis (Dubaï) et à Singapour, mais à terme l’objectif est bien de « localiser toute l’activité en Suisse afin de bénéficier de l’excellence dans les domaines de la mécatronique, de l’électronique et de la plasturgie que l’on trouve, tant en Suisse qu’en France, dans un bassin de 100 km de rayon autour du lieu prévu d’implantation, à Eysins, dans le canton de Vaud (Business Park international de Terre-Bonne) ». Une succursale tricolore aura toutefois des bureaux à Meudon, alors que les équipes sont actuellement à Paris et Issy-les-Moulineaux. « Les membres du comité de direction d’Aldebaran nous ont apporté leur total soutien, assure Nao Robotics dans son dossier de reprise. Ses principaux fournisseurs, Flextronics Corp. et Qualcomm Corp., se sont engagés à continuer la collaboration. »
En face, une seconde offre a été déposée par Malik Bachouchi, un ingénieur de formation qui a fait toute sa carrière dans des banques canadiennes après avoir étudié aux États-Unis. « Je ne peux pas imaginer cette société terminer son histoire comme cela, souffle à l’Informé ce retraité aujourd’hui installé à Paris. À mon petit niveau, je veux garder ce joyau de la technologie française en France, au moins la R&D, avec mes moyens limités. » Son prix est fixé à l’euro symbolique. « Pour l’instant », souligne le candidat. Son projet ? Reprendre 60 salariés et « générer rapidement du chiffre d’affaires à partir des produits éprouvés, avec un positionnement clair : Nao 7 pour l’éducation, Duo pour l’accueil et le retail, Plato - pour les secteurs hospitalier, logistique et restauration, en reprenant la commercialisation en direct, avec la mise en place d’abonnements mensuels », précise Malik Bachouchi. La société New Aldebaran, contrôlée par une holding en cours de constitution (Kuzog), sera installée dans de nouveaux locaux en France et l’assemblage sera transféré aux États-Unis ou dans la région Moyen-Orient-Afrique du Nord. Des investisseurs pourraient être approchés une fois la rentabilité retrouvée.
Ni Nao Robotics ni la direction d’Aldebaran n’avaient répondu à nos sollicitations à l’heure où nous publions.