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Aldebaran, le père des robots Nao et Pepper, cherche un repreneur

Ce pionnier français de la robotique et de l’intelligence artificielle vient d’être placé sous sauvegarde judiciaire. L’Allemand United Robotics group l’avait acheté il y a trois ans.

Le robot Nao.
Le robot Nao. YING TANG / NurPhoto via AFP

Vous les avez sans doute déjà vus faire le show sur les plateaux télé. Né en 2007, Nao, un petit robot de 60 cm, avec deux bras et deux jambes, était capable de danser sur des chansons de Michael Jackson ou de jouer au foot. Son petit frère, Pepper, arrivé sept ans plus tard, pouvait même parler et rendre des services. À l’origine de ces créatures futuristes, la start-up tricolore Aldebaran semblait promise au plus bel avenir, enchaînant les levées de fonds et attirant finalement un nouveau propriétaire en 2012 : le géant japonais Softbank, qui rêvait alors de disperser des bataillons d’humanoïdes dans les magasins, les entreprises ou les maisons.

Mais les choses ne se sont pas déroulées comme prévu. Même si la société revendique la vente de 35 000 robots depuis sa création en 2005, Nao, Pepper et le petit dernier, Plato, n’ont jamais envahi notre quotidien. En graves difficultés financières, l’ancien espoir tricolore a été placé sous sauvegarde judiciaire par le tribunal de commerce de Paris, mi-janvier, et cherche actuellement un repreneur. Déjà, en octobre dernier, le département M&A du cabinet EY avait tâté le terrain, faisant tourner le dossier en quête d’un nouveau partenaire. Est-ce à dire que l’Allemand United Robotics group, qui a repris la start-up à Softbank en avril 2022, ne veut plus combler les pertes récurrentes ?

Car Aldebaran semble peiner à trouver un équilibre durable : malgré la suppression de 164 postes en 2021, l’entreprise a encore enregistré une perte d’exploitation de 26 millions en 2023… Le tout après avoir déjà cumulé 156 millions d’euros de déficit net entre 2019 et 2022. Et les données de ventes ne sont guère encourageantes : la PME, qui emploie encore 166 salariés, principalement des ingénieurs, a affiché un chiffre d’affaires de 12 millions d’euros seulement en 2023, contre 38 millions en 2019 et même 45 millions un an plus tard.

Ni Aldebaran, ni EY n’ont répondu à nos questions à l’heure où nous publions.