Offrez un coup d’avance à vos collaborateurs

Médias - Culture

Fausse grossesse : Adèle Exarchopoulos et François Civil font condamner Paris Match

Le « scoop » de l’hebdomadaire a fini par lui coûter gros : les deux acteurs ont fait reconnaître une atteinte à leur vie privée et à leur droit à l’image.

Photo
THOMAS SAMSON / AFP

« Bientôt un bébé ! » En septembre dernier, la une de Paris Match défraie la chronique. On y voit François Civil et Adèle Exarchopoulos, le regard complice, se balader dans les rues de Paris. Sur six pages, l’hebdomadaire publie plusieurs photos volées du couple et disserte sur son quotidien, l’« heureux évènement » qui les attend, et le « ventre à peine rond » de la star qui « dévoile une jolie promesse ». Le papier est assorti de deux articles web ainsi que d’un post Instagram… finalement supprimés. Le problème ? Non seulement l’actrice n’a jamais officiellement annoncé une quelconque grossesse, mais en plus il s’agit d’une intox, rapidement démentie. Dans Le Figaro, François Civil s’agace : « L’information relayée en couverture est fausse. On se sent volé de moments de vie. […] Aux lecteurs de ce magazine de se désabonner. » Plus tard, Adèle Exarchopoulos s’amusera à son tour de la fake news dans un podcast, indiquant qu’elle n’était pas enceinte mais avait « juste mangé libanais » ce jour-là.

Les deux vedettes de l’Amour Ouf n’en sont toutefois pas restées là, et ont décidé, chacune de leur côté, de poursuivre en justice le magazine. Pour appuyer leur demande, les acteurs ont insisté sur le fait qu’ils avaient toujours « fait preuve de discrétion sur [leur] vie sentimentale ». L’actrice a spécifiquement dénoncé le « caractère particulièrement intrusif des articles eu égard à la nature de l’information relatée qui évoque une grossesse et donc son physique et son état de santé ». De son côté, l’hebdomadaire a assumé devant le tribunal avoir « commis une erreur s’agissant de la révélation erronée de la grossesse de Mme Exarchopoulos », mais a tenté de plaider que le couple jouissait « d’une notoriété exceptionnelle ce qui implique inévitablement un vif intérêt du public les concernant et qu’ils ne pouvaient ignorer qu’en se promenant dans la rue ils s’exposaient à la vue du public ».

Selon nos informations, le tribunal judiciaire de Nanterre a finalement penché en faveur des comédiens dans deux décisions en référé rendue le 6 mars dernier. La juridiction a notamment relevé la « particulière discrétion » dont les acteurs avaient « fait preuve à l’égard de [leur] relation sentimentale ». Adèle Exarchopoulos a obtenu 12 000 euros en tout, dont 8 000 en réparation de son préjudice moral à la suite de l’atteinte portée à sa vie privée, et 4 000 euros en réparation de l’atteinte à son droit à l’image. Le fils de l’actrice, aperçu de dos sur l’une des photos, a également obtenu 1 000 euros en réparation des atteintes portées à son droit à l’image ainsi qu’à sa vie privée. De son côté, François Civil a fait condamner le magazine people à lui verser 10 000 euros, pour les mêmes motifs. Contactée, l’avocate des deux acteurs Emilie Sudre a salué une décision « bien motivée », et rappelé la position « ferme » de ses clients : « Le respect de leur vie privée et sentimentale est très important pour eux, et c’est pour cela qu’ils ont poursuivi et poursuivront les médias qui y attenteront », a-t-elle assuré à l’Informé.

Contacté, le conseil de Paris Match n’avait pas répondu à nos sollicitations à la publication de cet article.

Vous souhaitez entrer en contact avec le ou les auteur(e)s de cet article pour réagir ou apporter des informations complémentaires ? Cliquez-ici