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Cegid veut racheter un concurrent pour booster son offre pour le commerce

Le géant lyonnais de l’informatique pour entreprises a formulé une offre de reprise pour SimpliField, qui vend ses logiciels à des chaînes de magasins. Une opération qui contribuerait à son gros programme d’acquisitions.

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Google Street View

Malgré son milliard d’euros de chiffre d’affaires et ses 5 000 salariés dans 20 pays, Cegid a encore des trous dans sa raquette. Notamment dans l’un de ses cinq métiers, la gestion des magasins. C’est ce qui explique que le groupe lyonnais se soit aligné sur la reprise de SimpliField, un spécialiste parisien des logiciels pour le commerce (planification, gestion de l’exécution des tâches sur le terrain, analyse des performances). Cette cible, dont le chiffre d’affaires était de 2,2 millions d'euros en 2023 mais a perdu 14 millions d’euros entre 2021 et 2023, est en liquidation judiciaire depuis janvier dernier, avec une poursuite d’activité jusqu’à fin avril. Cegid propose de reprendre les activités de Simplifield pour 300 000 euros et 14 de ses 17 salariés.

Vendu en 2022 à l’Américain Field Agent, suite à une procédure de conciliation, SimpliField a développé des briques logicielles pour le commerce que Cegid n’a pas encore, ou en moins bien, et cela l’intéresserait bien de les intégrer à la suite logicielle de Cegid Retail, qui réalise environ 116 millions d’euros de chiffre d’affaires. Et, pour l’occasion, de récupérer aussi ses clients, même si nombre d’entre eux (LVMH, L’Oréal, Marionnaud ou ID Group) ont déjà les deux prestataires en commun. Cegid revendique d’équiper plus de 1 000 enseignes dans le monde, soit près de 85 000 magasins dans 70 pays, et « ne souhaite pas s’exprimer » sur le sujet SimpliField.

Créé par Jean-Michel Aulas en 1983, l’ancien président de l’Olympique Lyonnais, qui a vendu ses parts en 2016, Cegid multiplie les opérations de croissance externe, poussé par ses actionnaires, Silver Lake, un fonds d’investissement qui est majoritaire, et qui partage le tour de table avec KKR, Oakley Capital et AltaOne. Pour se renforcer sur ses divisions finance (trésorerie, fiscalité, ERP), ressources humaines (paie, gestion des talents), expertise comptable et PME, plus d’une trentaine d’acquisitions ont été réalisées depuis 2020, dont celle du Français EBP, pionnier depuis 40 ans des logiciels de comptabilité, gestion commerciale et paie pour les TPE et PME (65 millions d’euros de chiffre d’affaires). Rien que depuis le début d’année, le groupe a racheté l’Allemand Sevdesk, le Portugais PHC Business Software et l’Espagnol Microdata. En 2022, Cegid avait annoncé vouloir doubler son chiffre d’affaires pour atteindre 1,3 milliard d’euros d’ici à 2026.

Mais le géant n’est pas seul sur SimpliField. Yoobic, un concurrent de ce dernier, a aussi formulé une offre et elle est mieux disante. Cette société basée à Londres, mais qui a une filiale à Paris (41 de ses 200 employés), propose 2,75 millions d’euros et la reprise de tous les salariés (17 contrats de travail). Créé en 2014 par trois frères, Fabrice, Avi et Gilles Haiat, qui détiennent 42 % des actions, Yoobic a levé 80 millions de dollars et est soutenu notamment par Insight Partners (22 % du capital), Felix capital (19 %) et Highland Growth (11 %). Le Lyonnais LumApps avait aussi fait une offre de reprise au début de la recherche. Ce fournisseur de plate-forme d’intranet, contrôlé par Bridgepoint, a réalisé un chiffre d’affaires de 37 millions d’euros en 2023, avec une perte nette de 1,5 million d’euros.