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Brevo, ex-Sendinblue, prépare une vaste refonte de son capital

Cette société spécialisée dans le marketing numérique (envoi d’emails, live chat…) fait partie des rares acteurs de la French Tech à dépasser les 100 millions d’euros de chiffre d’affaires.

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NIPITPHON / onephoto - stock.adobe.com

Dans le creux de la vague depuis deux ans, la French Tech enregistre un nombre record de dépôts de bilan de start-up. La faute à un environnement où l’argent magique a disparu, au même titre que nombre de licornes - ces sociétés valorisées plus d’un milliard de dollars. Le nouveau Graal des investisseurs : les centaures, ces jeunes pousses comme Aircall, Silae, Doctolib, Alan, Swile ou bien encore Exotec, affichant plus de 100 millions de dollars de revenus annuels récurrents. Un qualificatif viril aussi attribué à Brevo, l’expert des solutions marketing digitales précédemment connu sous le nom de Sendinblue, qui prépare secrètement une vaste opération à son capital. Selon nos informations, les banques d’affaires Evercore et Goldman Sachs vont être mandatées pour trouver de nouveaux investisseurs prêts à prendre le relais des historiques.

Il y a quatre ans, la start-up avait massivement communiqué sur une levée de fonds en série B de 140 millions d’euros. Un terme trompeur puisque la start-up créée en 2012 par son dirigeant actuel Armand Thiberge avait en réalité œuvré à son premier LBO. L’opération avait permis à Bridgepoint (BDC) d’investir près de 50 millions d’euros pour devenir l’actionnaire minoritaire de référence, aux côtés de Bpifrance, de Partech - qui avait alors cédé la moitié de sa participation historique - et du CTO Mickael Arias. En parallèle, une dette unitranche d’environ 30 millions d’euros ainsi qu’une ligne de crédit dédiée à de futures acquisitions avaient été mises en place par BlackRock. « Brevo fait partie de ces start-up qui n’ont quasiment jamais eu recours à des injections de fonds propres. Les précédentes opérations étaient essentiellement animées par le souhait d’apporter de la liquidité aux actionnaires », explique un proche du dossier.

La prochaine opération devrait donc à nouveau être un LBO, dans lequel Armand Thiberge prévoit de rester massivement investi. Lancé en 2012, Brevo a communiqué sur des revenus annuels récurrents de 142 millions d’euros, au dernier trimestre 2023. Un chiffre en croissance de 40 %. En parallèle, sa marge d’Ebitda atteint 13 %, contre un objectif fixé de 10 %, comme le soulignait les Echos en début d’année. Des fondamentaux solides qui s’appuient sur plus de 500 000 entreprises clientes, en grande majorité des PME. « L’une des marges de progression de Brevo se situe sur sa capacité à attirer des grands comptes », souligne un connaisseur du secteur.

Poussée par une forte croissance organique, la jeune pousse a aussi réalisé une dizaine d’acquisitions pour bâtir sa plateforme de relation clients. De l’américain Yodel à l’autrichien MeetFox, en passant par les français Captain Wallet, Wonderpush et Octolis, elle offre désormais des fonctionnalités d’email marketing, d’outils conversationnels (live chat, Facebook Messenger, Instagram…) et d’emails transactionnels (confirmations de commandes…). Elle emploie aujourd’hui près de 1 000 collaborateurs.