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Big data : après le succès de Paris 2024, Suadeo intéresse trois autres pays

Son logiciel « hyperviseur », qui équipe le ministère de l’Intérieur, a joué un rôle important dans la sécurité des Jeux Olympiques.

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Anawt Sudchanham / Looker_Studio - stock.adobe.com

Après Paris, le monde ? Auréolé du succès sécuritaire des Jeux olympiques 2024, où aucun incident majeur n’a été déploré, le fabricant de logiciels Suadeo, qui équipe le ministère de l’Intérieur avec son « hyperviseur », veut profiter à plein de cette vitrine pour exporter sa plateforme. Capable de traiter les données captées sur les réseaux sociaux, dans les médias, mais aussi les réseaux de transport ou d’énergie et de les croiser aux informations collectées sur le terrain par les forces de sécurité et de défense civile, cette solution permet d’identifier des « signaux faibles » pour anticiper les menaces et y répondre le plus vite possible. Un outil qui, selon nos informations, intéresse actuellement trois prospects sérieux à l’étranger.

À l’occasion des rencontres AGIR de la gendarmerie, tenues le 28 novembre au Beffroi de Montrouge, Suadeo a reçu la visite d’un représentant de la Gendarmerie nationale du Maroc. La monarchie chérifienne organise en effet la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) à l’hiver 2025. Et depuis le récent déplacement d’Emmanuel Macron, qui a reconnu la validité des prétentions de Rabat sur le Sahara occidental, la coopération économique franco marocaine bat son plein.

Le ministère de l’intérieur du Qatar, frénétique organisateur de grands événements – foires commerciales, Grand Prix de Formule 1, coupe du monde de football – et candidat à l’organisation des JO d’été de 2032, s’intéresse également au logiciel de Suadeo. Ce dernier pourrait bénéficier de la coopération sécuritaire bien établie entre l’émirat et la France : Paris et Doha se sont réciproquement aidés à sécuriser la coupe du monde de football de 2022 et les Jeux de 2024.

La Direction Générale de la Protection Civile (DGPC) espagnole figure elle aussi parmi les prospects de l’entreprise française. Subissant de plus en plus d’inondations en hiver et d’incendies en été, en raison du dérèglement climatique, le pays cherche à améliorer sa réponse à ces événements météorologiques majeurs – malheureusement de moins en moins exceptionnels. L’utilisation du big data, et non plus des seules données météo, pourrait aider.

Contacté par l’Informé, Suadeo confirme nos informations. « Nous sommes très heureux, consécutivement au succès des JO de Paris, d’échanger avec ces acteurs institutionnels étrangers, intéressés par l’approche que nous avons mise en place avec le ministère français de l’Intérieur », déclare-t-elle.

Fondée en 2004 par le statisticien Azzeddine Bendjebbour, l’entreprise compte notamment, pour décrocher ces potentiels contrats, sur les réseaux de son directeur « secteur public », Cédric Bonamigo. Ancien officier de l’armée de Terre et sous-préfet, ce ex-Capgemini, où il a planché sur des programmes de transformation numérique du ministère des armées, a dirigé pendant deux ans le service de communication directe de l’Élysée.

Comme dévoilé par Intelligence Online, l’entreprise espère aussi, en France, être reconduite auprès du ministère de l’Intérieur pour équiper le Centre interministériel de crise (CIC) issu des JO. Avant Paris 2024 et la coupe du monde de rugby 2023, Suadeo s’était imposée face à Athea – la coentreprise d’Atos et Thales qui développe la plateforme big data du renseignement militaire, Artemis. IA– et l’américain Palantir, jadis utilisé par la DGSI. Son outil présentait l’avantage d’être « clés en main » et bon marché.