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Continuer la lectureAprès 200 millions d’euros investis, Bolloré Telecom raccroche définitivement
L’opérateur créé en 2005 est en cours de dissolution, symbole de l’échec d’une technologie d’accès rapide à Internet sans fils, le Wimax, qui n’a jamais trouvé sa voie.
Bolloré Telecom, c’est fini. L’entreprise a été placée en « dissolution anticipée » avec « mise en liquidation amiable » a appris l’Informé. Cette procédure vient mettre un point final à l’aventure du groupe breton dans les télécoms en France et signe l’échec d’une innovation un temps considérée comm...
Apparu au début des années 2000, le Wimax promet à l’époque davantage de débit sur une zone de couverture bien plus large que le Wifi, avec un niveau de sécurité bien plus élevé. Une solution intéressante dans des espaces mal desservis par l’ADSL ou l’Internet mobile, que poussent les géants américains de la tech comme Intel, Cisco ou encore Motorola.
En France, comme bien des opérateurs d’ailleurs, Vincent Bolloré y croit. Lui voit dans cette innovation le moyen de diversifier encore un peu plus son groupe, déjà présent dans l’énergie, les batteries électriques (Blue) ou encore les films d’emballage, et crée une filiale dédiée. Dès 2005, Bolloré Telecom, obtient auprès de l’Arcep, 12 licences régionales pour déployer les réseaux. Puis 10 de plus dans les années qui suivent. Mais les déconvenues s’accumulent. Malgré ses promesses, Intel n’équipe pas les PC de puces Wimax. En raison de retards de déploiements des antennes, l’autorité rappelle à l’ordre en 2011 plusieurs opérateurs dont Bolloré Telecom. Son dirigeant, Jean-Christophe Thiery, assure toutefois ne pas renoncer dans les colonnes du magazine Challenges « Nous avions l’intuition – à l’époque, l’iPhone n’existait pas, ni la plupart des smartphones – que l’internet haut débit sans fil allait se développer. C’est le cas aujourd’hui. La technologie est en cause, mais pas notre conviction que le développement exponentiel de l’internet haut débit sans fil profitera à nos fréquences. La véritable question est celle du timing. »
Avec plus de 200 millions d’euros investis et 6 000 stations installées à fin 2017, Bolloré Telecom tente alors un coup de poker : il demande à l’Arcep de pouvoir réutiliser ses fréquences pour faire de la 4G, sans succès. Il réessaie avec la 5G sans plus de chance face au lobby des opérateurs mobiles bien décidés à ne pas laisser un nouvel acteur s’imposer sans avoir déboursé des sommes considérables pour des fréquences dédiées. Faute de débouchés, l’entreprise ne cesse de péricliter. Ses efforts en matière de recherche et développement sont passés de 19,2 millions d’euros en 2019, à 3 millions d’euros en 2021 et… 0 en 2023. Son chiffre d’affaires s’est écroulé passant de plus de 2,3 millions d’euros en 2011 à seulement 22 000 euros l’an dernier. Contactée, la société n’a pas souhaité faire de commentaire.