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Continuer la lecturePrisma Media met fin à PassPress, son kiosque numérique
Le service de la filiale de Vivendi disparaîtra définitivement début 2025 après seulement un an et demi d’existence. Ce qui entraînera la suppression de 9 postes.
Le service n’aura pas duré longtemps. Un peu plus d’un an après son lancement, le PassPress de Prisma Media, qui permettait d’accéder à près de 200 titres de presse et hors série, va s’éteindre. L’annonce a été faite aux salariés de l’éditeur (Voici, Femme Actuelle, Capital, Géo…) lors d’un CSE ce jeudi 28 novembre, comme l’a appris l’Informé. Les abonnements cesseront d’être vendus aux particuliers dans le courant du 1er semestre 2025, tandis que les anciennes souscriptions s’épuiseront au fur et à mesure de l’année. Conséquence : 9 postes vont être supprimés, 6 dans la cellule dédiée directement à Passpress et 3 au service expérience utilisateur et design product.
Prisma Media avait lancé l’application en grande pompe en septembre 2023. Elle offrait, pour 9,99 € par mois, un catalogue fourni de quotidiens, hebdomadaires et magazines, parmi lesquels, en plus des journaux de Prisma, Le Point, Society ou encore Nice Matin. Ce kiosque avait d’entrée bénéficié d’un soutien de taille : celui de Canal+ également filiale de Vivendi. Le groupe télé avait inclus PassPress dans son offre, en remplacement de Cafeyn, le kiosque numérique rival proposé jusqu’alors.
Mais la semaine dernière, Canal+ a annoncé dans ses nouvelles fiches tarifaires que cette option ne serait plus comprise dans les abonnements à partir du 1er janvier 2025. « Les finances de la chaîne ne sont pas au beau fixe ces derniers temps, indique à L’Informé un proche du dossier. Elle a préféré abandonner ce service, qu’elle juge trop coûteux par rapport aux bénéfices qu’en retirent les clients ». Contactée, la société explique que « les offres Canal+ évoluent en permanence » et préfère se concentrer sur les « enrichissements récents sans surcoût » et les « avantages culturels » qu’elle offre à ses abonnés.
Ce revirement de Canal s’explique peut-être aussi par le redressement fiscal qu’a subi la chaîne en 2021. Entre 2016 et 2019, grâce à son offre de presse en ligne assurée par Cafeyn, Canal+ avait appliqué sur une partie de ses factures le taux de TVA très réduit (2,1 %) dont bénéficie la presse. Mais la ficelle n’a pas plu au fisc, comme l’a raconté L’Informé : Bercy lui a réclamé 131 millions d’euros et lui a infligé des pénalités de 40 % pour « manquement délibéré ». Sans cette ristourne de TVA, proposer un kiosque numérique peut aujourd’hui sembler beaucoup moins attractif.
Certes, PassPress reste accessible en version payante. « Mais on ne peut pas continuer sans Canal+ qui est notre principal partenaire, explique un salarié de Prisma. La direction nous a dit avoir cherché d’autres modèles économiques, afin d’assurer la viabilité du service, mais n’avoir trouvé aucune solution satisfaisante. C’est dommage, car PassPress était salué par les utilisateurs. »
Pour Emmanuel Vire, élu SNJ-CGT de Prisma et journaliste de Géo, la décision est aussi à rapprocher du projet de scission de Vivendi, qui sera voté le 9 décembre lors de l’assemblée générale du groupe. « Ce n’est pas du tout lié au résultat économique de Prisma, mais au fait que nous allons être regroupés dans Louis Hachette Group avec Lagardère. Pour éponger les milliards d’endettement de Lagardère que nous allons récupérer, la situation se durcit de plus en plus chez Prisma : rupture conventionnelle collective, fermeture de trois titres de Femme Actuelle Jeux, arrêt de PassPress… On sait ce qui nous attend pour la suite : du sang et des larmes. » La cotation est prévue pour le 16 décembre.
Contactée, Prisma Media n’a pas répondu à nos questions à l’heure où nous publions.
Article modifié le 29.11.24 à 10h35 avec une précision sur les services concernés par la suppression de postes.