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Médias - Culture

Une trentaine de départs en vue chez Prisma Media

Le premier éditeur de magazines en France avait conclu une rupture conventionnelle collective cet été. Il espérait une soixantaine de départs volontaires.

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PASCAL LE SEGRETAIN / Getty Images via AFP

Partira, partira pas… Les réponses sont tombées au compte-goutte en début de semaine. Dans le cadre d’une rupture conventionnelle collective (RCC) conclue le 29 août, Prisma Media (Capital, Géo, Femme Actuelle, Voici…) attendait une soixantaine de départs volontaires. Seule une trentaine de salariés ...

Les candidatures étaient ouvertes du 16 septembre au 4 octobre. Pouvaient y prétendre les salariés de plus d’un an d’ancienneté, ayant un projet professionnel à l’extérieur du groupe Vivendi ou souhaitant partir à la retraite d’ici 2026. Sur les 61 emplois visés, 21 concernaient des « cadres » (secrétaire à responsabilité, chef de fabrication, community manager…), 17 des employés (technicien, chargé de contenus, chauffeur…) et 23 des journalistes, dont 11 chez Capital et 3 chez Géo. Dans un entretien au Figaro le 16 septembre, Claire Léost, présidente de Prisma Media, indiquait qu’elle visait la suppression nette de 56 des postes, essentiellement dans les fonctions support.

À Capital, 7 journalistes devraient quitter la rédaction dans le cadre de la rupture conventionnelle : 5 au web, 2 au print. Au service photo, où un emploi était visé, personne ne s’est porté volontaire. Idem à la maquette, où 4 postes étaient concernés, soit la totalité du service. La rédaction redoutait une externalisation de la maquette, elle ne se concrétise donc pas. « Ce serait une erreur stratégique historique, estime un journaliste de Prisma. Il est très compliqué d’enlever une partie du circuit de la production, tout est étroitement imbriqué et les allers-retours sont constants entre la maquette, les secrétaires de rédaction, les chefs de service… Je ne vois pas comment on ferait, ce serait irréel. » Contacté, le groupe indique qu’il n’y a pas d’externalisation en cours pour la maquette de Capital. Il n’a pas souhaité commenter la rupture conventionnelle collective.

Aucun PSE ne serait dans les tuyaux pour 2024, mais le sujet pourrait être mis sur la table pour 2025. Quant à un potentiel déménagement de Prisma à Levallois-Perret, il n’est « pas à l’ordre du jour » d’après le groupe. « Le loyer a été renégocié à un tarif tellement peu cher qu’on ne va pas bouger, on reste à Gennevilliers. Et avec le plan en cours, on aura de l’espace… », ironise un rédacteur. Les salariés s’inquiètent davantage des conséquences de ces nouveaux départs, alors que les effectifs du groupe avaient déjà été grandement réduits suite au rachat de Prisma Media par Vivendi en 2021 : près de 200 personnes avaient exercé leur clause de cession. « On va forcément voir nos conditions de travail dégradées, résume une signature de Capital. Les rédacteurs spécialisés sur l’emploi, la fiscalité, la crypto, vont partir, et on risque de ne plus pouvoir couvrir ces sujets, ou de manière moins qualitative. »

La rupture conventionnelle collective intervient en pleine période de consultation des instances représentatives du personnel sur le projet de scission de Vivendi en trois entités indépendantes, chacune cotée en Bourse. Dans un communiqué, publié le 22 juillet 2024, le groupe envisageait de prendre une décision « à la fin du mois d’octobre 2024 en vue de soumettre [le projet] à une assemblée générale extraordinaire des actionnaires qui pourrait se tenir au mois de décembre 2024 ».