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Médias - Culture

Patrick Cohen relaxé, une institution parisienne vendue, la gronde de députés contre le canadien CGI... les télex de l’Informé

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Publié : 18/12/2024 à 16:46 - Mis à jour : 18/12/2024 à 18:31

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LUDOVIC MARIN / AFP

► Médias. Patrick Cohen vient d’être relaxé par le tribunal judiciaire de Paris dans le dossier qui l’opposait au syndicaliste de Sud Éducation Jules Siran. Révélée par le journaliste Clément Garin sur X, l’affaire portait sur une chronique de l’éditorialiste dans C à vous. Diffusée en octobre 2020, la pastille intitulée « Islamisme : des années de déni » évoquait l’assassinat de Samuel Paty, survenu quelques jours avant. Patrick Cohen y reprochait au syndicaliste une intervention sur France Inter, lors de laquelle il avait déclaré « Nous, ce qui nous inquiète, c’est la mise en avant de thématiques qui font le jeu de l’extrême droite et des déferlements islamophobes. » Estimant que ses propos avaient été décontextualisés puisqu’il avait, aussi, indiqué être horrifié par la situation, Siran avait attaqué en diffamation le journaliste. Sans succès : selon nos informations, le tribunal a estimé que le représentant de Sud Éducation devait « accepter [...] les critiques contre la position qu’il avait ici exprimée », et que si Patrick Cohen avait en effet « porté un jugement de valeur en regard de la position exposée » par Siran, il n’avait pas dénaturé ses propos. Auprès de l’Informé, le conseil du journaliste, Me François Stefanaggi a salué une décision « très bien motivée et qui réitère le droit à une analyse critique et polémique de propos tenus publiquement par une personnalité syndicale ». N.M.

► Restauration. Michel Blanc comptait parmi ses célèbres clients, Jack Lang y déjeune encore régulièrement. Le bistrot Ma Bourgogne de la place des Vosges vient de changer de main. Après plus de 40 ans d’exploitation, les propriétaires, Thérèse et Aimé de Cougoureux, ont cédé début décembre le fonds de commerce à un couple de jeunes restaurateurs Constance et Maxime Mauras. D’après nos informations, les acheteurs ont déboursé 6 millions d’euros pour s’offrir cette institution du Marais qui jouxte les galeries d’artistes sous les arcades. Selon des experts du secteur, la transaction réalisée via le réseau spécialisé Century 21 Horeca serait l’une des plus belles de l’année. Les nouveaux propriétaires n’entendent rien changer à ce qui a fait le succès de l’enseigne depuis des décennies : une ambiance familiale, une cuisine simple et une cave réputée pour ses bons crus. G.C.

► Tech. L’exécutif a choisi une société canadienne pour gérer « PLACE », la plateforme centralisant les appels d’offres de l’État… et cela continue de faire grincer des dents dans les rangs politiques. Depuis 2008, ce service utilisé par tous les ministères était piloté par Atexo, une PME française éditrice de logiciels qui avait remporté tous les marchés lancés par l’Agence pour l’Informatique financière de l’État (AIFE). Mais l’été 2024, les clefs de cette plateforme névralgique ont été confiées à la filiale tricolore du groupe canadien CGI, lequel se présente comme le « leader mondial en services-conseils en technologie de l’information et en management ». Cette attribution a été dénoncée le 17 octobre par le député Loïc Kervan (Horizons), dans un courrier adressé à Antoine Armand, le ministre de l’Économie sortant, cosigné par plus d’une trentaine d’autres élus et révélé par La Lettre. Depuis, la gronde monte, a appris l’Informé. D’autres parlementaires ont rejoint le rang des contestataires, comme les députés Alexandre Sabatou (RN) et Philippe Latombe (MoDem) au fil de deux questions parlementaires, l’une en séance, l’autre écrite où ils dénoncent un contrat passé sans marché public. Le 3 décembre, le sénateur Hérvé Maurey (Union centriste) a adressé une autre missive à Bercy. « Le choix d’attribuer un marché aussi stratégique - au regard de la sensibilité des données relatives aux commandes passées par certains ministères, comme celui des Armées ou celui de la Santé - à un groupe étranger interpelle », écrit l’élu qui réclame communication des modalités du contrat passé entre l’AIFE et CGI. En séance le 3 décembre, Laurent Saint-Martin, ministre du budget sortant, a déjà rétorqué à Alexandre Sabatou qu’Atexo « n’a pas été retenu (…) au regard de critères de prix et de qualité des services ». Il a tenu à rassurer les élus : les informations sensibles du ministère des Armées « ne sont pas publiées sur place, mais sur une plateforme dédiée appelée et qui [lui] est propre ». Il soutient qu’il y a eu bien appel d’offres. De son côté, Atexo conteste et ajoute que « jamais au cours des 15 ans de relation contractuelle (...) nous n’avons eu de pénalité sur le contrat. Impossible de savoir les reproches évoqués sur la période donnée car nous n’avons jamais reçu le moindre recommandé sur ces années. » M.R.

Par Noah Moulinet, Guillaume Chazouillères et Marc Rees.