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Médias - Culture

Les journalistes des Échos votent une grève de 24 heures

Après le limogeage du directeur de la rédaction survenu en mars, la société des journalistes a mis au vote une grève pour protester contre les modalités du scrutin à venir sur son remplaçant.

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CHRISTOPHE ARCHAMBAULT / AFP

La crise est loin d’être terminée aux Échos. La société des journalistes du quotidien économique, détenu par le groupe de luxe LVMH, a décidé de faire grève entre 17 heures ce jeudi jusqu’à ce vendredi même heure. La rédaction s’est exprimée à 98% en faveur de cette mesure. Ce scrutin, mis au vote, s’est clôturé à 16h30. Le débat porte sur la nomination du nouveau directeur de la rédaction qui doit avoir lieu sous peu. Lors du rachat des Échos en 2007, LVMH avait accordé à la rédaction un droit de véto sur cette nomination. « La direction du groupe Les Échos veut maintenant vider de sa substance le droit de veto », peut-on lire dans un mail interne.

Le sujet du désaccord porte sur le corps électoral. La direction a proposé une liste de quelque 330 personnes, dont une centaine de pigistes, soit une forte augmentation par rapport au vote sur la candidature d’Henri Gibier en 2008 (197 inscrits). La SDJ demande que le corps électoral soit réduit aux pigistes les plus réguliers. En outre, pour que le veto de la rédaction soit validé, il faut aussi atteindre la majorité des inscrits (soit 165 votes « non » sur 330), et non pas une majorité des votants. La SDJ affirme avoir soulevé ce problème de longue date auprès de la direction, mais s’être heurtée à un mur.

Le temps presse. Selon certaines sources, l’actionnaire devrait proposer un candidat d’ici mi-juin. Le nom de François Vidal, actuel directeur de la rédaction par intérim, a été évoqué mais il est loin de faire l’unanimité.

La SDJ avait déjà été échaudée par la façon dont Nicolas Barré a été mis à la porte en mars dernier. En théorie, lorsque le propriétaire remercie le directeur de la rédaction, cela doit être décidé par le conseil de surveillance comme le stipule l’accord signé par LVMH. En outre, cette révocation doit « être approuvée à la majorité simple, cette majorité comprenant au moins la voix de deux membres Indépendants » du conseil de surveillance. Or, formellement, le départ de Nicolas Barré a pris la forme d’une démission, sans suivre ce processus. La SDJ estime donc que les règles de révocation ont été « contournées ». Depuis, elle se bat pour obtenir des garanties d’indépendance supplémentaires mais elles ont toutes été refusées.

Ces tensions surviennent à quelques jours de l’ouverture de Viva Tech le 17 juin prochain à la Porte de Versailles à Paris. Les Échos sont partenaires avec Publicis de cet événement phare du milieu des nouvelles technologies auquel participe la rédaction. Cette fête pourrait être gâchée.