Offrez un coup d’avance à vos collaborateurs

Médias - Culture

Le PMU s’attaque au rachat de ZEturf par la Française des Jeux

Le spécialiste des paris hippiques a saisi le Conseil d’État pour entraver la cession de son plus gros concurrent.

Photo
RICCARDO MILANI / Hans Lucas via AFP

Après sa victoire, la Française des Jeux (FDJ) n’avait pas anticipé un tout dernier obstacle sur sa route. Alors que le groupe vient de mettre le sabot sur le site de paris hippiques ZEturf, le PMU a saisi le Conseil d’État en début d’année par un recours, a appris l’Informé. Difficile de savoir si le plaignant cherche à faire annuler le rachat, pourtant autorisé, sous conditions, par l’Autorité de la concurrence en septembre dernier, ou, plutôt, à rehausser le niveau des concessions liées à cette opération. « Cette procédure est incompréhensible et ne va pas aboutir », estime un proche du dossier. Voir deux acteurs en positions dominantes s’affronter - le premier sur la loterie et le second sur les paris hippiques - à de quoi surprendre. « Un monopole qui attaque un autre monopole, c’est insensé ! », s’égosille un dirigeant du secteur.

Avec 20 % de parts de marché des paris hippiques en ligne, ZEturf a été acquis pour une valeur d’entreprise de 175 millions d’euros. Grâce à cette prise, la FDJ devient donc un sérieux challenger face au PMU et elle se renforce, au passage, sur les paris sportifs avec ZEbet.

Toutefois, avant d’autoriser une telle opération, les Sages de la rue de l’Échelle ont identifié des risques et demandé la mise en place de certains garde-fous pour donner leur feu vert. Car la FDJ bénéficie déjà d’une confortable situation de monopole, seule à pouvoir organiser des jeux de loterie en ligne et dans son réseau de 30 000 points de vente tout en étant en position de force sur les paris sportifs dans des lieux physiques (bars-tabacs). Pour limiter sa mainmise, l’Autorité de la concurrence lui a donc interdit de développer de passerelles entre ses sites Internet ou applications mobiles et ceux de ZEturf. De même, les comptes des joueurs doivent différer entre les deux services. Enfin, il lui est impossible de reconstituer une base de données afin de démarcher ses joueurs du Loto et parieurs sportifs pour leur proposer des courses hippiques. Impossible aussi de faire la promotion de ZEturf dans ses points de vente physiques, un réseau colossal implanté dans toute la France (bars- tabacs, stations-services, petits commerces alimentaires…).

Visiblement, ces conditions apparaissent insuffisantes au PMU. Sans trop de surprise, il ne voit pas d’un bon œil cette nouvelle concurrence après avoir déjà souffert ces dernières années en raison de l’annulation des courses durant le Covid. Pourtant, il vient de dévoiler de très bons résultats en 2023. Avec plus de 10 milliards d’euros d’enjeux dont 9,3 milliards pour les seuls paris hippiques (la société est également présente dans le sport et le poker en ligne), il affiche un résultat net de 835 millions d’euros. « On a retrouvé la croissance depuis deux ans », a indiqué lors de l’annonce des résultats Emmanuelle Malecaze-Doublet, directrice générale du PMU, groupement d’intérêt économique (GIE) constitué d’une soixantaine de sociétés de courses dont France Galop et Le Trot.

Mais avec une hausse de 2 %, son chiffre d’affaires en 2023 est loin de suivre l’inflation (4,9 %) sur un an. Interrogée par l’Informé, aucune des sociétés n’a souhaité faire de commentaire.