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Continuer la lectureLa vente de Causette annulée, le titre à nouveau sur le marché
La cour d’appel de Paris vient d’infirmer la décision du Tribunal de commerce de céder Causette à Melody Madar. De nouveaux acteurs pourraient se positionner sur le dossier.
Énième rebondissement pour Causette. Selon nos informations, la vente du titre féministe à la fondatrice du média Les Éclaireuses Melody Madar, décidée en juillet dernier, vient d’être annulée par la Cour d’appel de Paris. Dans son arrêt, la juridiction a estimé que les liquidateurs du magazine n’auraient pas dû accepter l’offre de l’entrepreneuse. « Je suis forcément triste car j’aurais voulu me relancer dans l’univers des médias avec ce beau titre, j’avais l’énergie et les idées pour le refaire décoller », regrette Melody Madar auprès de l’Informé. « Justice a été faite », se satisfait quant à lui Reginald de Guillebon, dirigeant de Causette à l’origine de l’appel.
Pour tout comprendre, retour en juin dernier : en difficulté, le média « plus féminin du cerveau que du capiton » racheté par le groupe Hildegarde en 2018 est placé en liquidation judiciaire par le Tribunal de commerce de Paris, alors que ses salariés espéraient un simple redressement pour poursuivre l’activité. Plusieurs acteurs comme Prisma Media, le groupe SOS ou encore la Fondation des femmes s’intéressent alors au dossier… mais aucun ne se lance et c’est la créatrice du média Les Éclaireuses, Mélody Madar, qui remporte la mise auprès du juge-commissaire du Tribunal de commerce en charge de l’affaire. Pour 12 000 euros, l’entrepreneuse acquiert ainsi le fichier clients, le site internet du magazine (passé 100 % numérique quelque mois plus tôt) et l’ensemble de ses réseaux sociaux. En retour, elle s’engage à reprendre la dette abonnés pour 107 000 euros. Mais, comme nous en parlions déjà à l’époque, un point n’est pas tranché : celui de l’exploitation des marques associées au titre, détenues par le président d’Hildegarde Reginald de Guillebon. Un schéma particulier qui avait dissuadé plus d’un candidat au rachat, selon nos informations. « Il est regrettable que Mélody Madar n’ait pas voulu discuter avec nous de la reprise de la marque et des URL, indique Reginald de Guillebon à l’Informé. Je déplore cette situation ! »
En sus de cette difficulté, le chef d’entreprise dénonce les conditions d’attribution des actifs de Causette à Madar : selon lui, la candidate, par un courriel envoyé la veille du délibéré du tribunal aux mandataires, a modifié les contours de son offre post-procédure, sans que le contradictoire soit respecté et qu’il en soit informé. De Guillebon fait donc appel de l’ordonnance, et le 15 octobre dernier, la Cour d’appel suspend dans un premier temps la décision du tribunal de commerce, considérant que la cession portait en effet sur « des éléments non visés dans le cahier des charges et non visés dans l’offre ».
Finalement, ce 23 janvier, la juridiction a donné raison au patron d’Hildegarde, estimant que l’offre modifiée et complétée de la créatrice des Éclaireuses n’avait « pas été débattue contradictoirement », et qu’il n’y avait donc « pas lieu d’autoriser » la cession. « Le mandataire doit désormais relancer un appel d’offres, explique Réginald de Guillebon à l’Informé. J’espère que Causette repartira de plus belle et sera relancé, c’est un titre qui mérite de vivre dans le paysage médiatique français. » Et d’ajouter : « Je regrette qu’il n’y ait pas des jeunes femmes qui s’associent et prennent à bras-le-corps ce dossier. » Des discussions ont actuellement lieu avec plusieurs repreneurs potentiels.
Interrogée, l’ex-rédactrice en chef du magazine Sarah Gandillot regrette l’issue de l’offre de Melody Madar, qui aurait pu être « compatible » avec Causette, mais croit encore à un potentiel retour du titre : « Je reste convaincue qu’il y a de la place pour Causette, et même qu’il y a une réelle nécessité pour un média féministe dans la conjoncture politique actuelle. Et si un repreneur, ou encore mieux une repreneuse, veut s’atteler au projet, nous saurons nous rendre disponibles ! »