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Médias - Culture

Melody Madar (ex-Les Eclaireuses) reprend Causette... mais sans la marque

Placé en liquidation judiciaire en juin dernier, le titre féministe vient de voir certains de ses actifs rachetés par la fondatrice du média Les Eclaireuses.

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L’espoir n’est pas mort pour Causette. En mai dernier, le titre « plus féminin du cerveau que du capiton » s’était déclaré en cessation de paiements et demandait l’ouverture d’un redressement judiciaire. Au grand dam de ses salariés, le média a finalement été placé en liquidation judiciaire, comme nous le révélions le 6 juin dernier. En cause : le passif de l’entreprise, avoisinant les 709 000 euros, qui avait été considéré par le tribunal de commerce comme trop important pour redresser la barre. Il s’agit de la deuxième liquidation de son histoire : la première avait eu lieu en 2018. Le média avait alors finalement été récupéré par le groupe Hildegarde pour 80 000 euros.

Malgré un nouveau départ amorcé en octobre dernier avec un passage au 100 % numérique, la formule n’a pas séduit les fidèles du magazine : de 11 000 en septembre 2023, le nombre d’abonnés a chuté à 7 178 fin avril 2024. Restait donc l’espoir d’un rachat de ses actifs pour la relancer. Selon les informations de Challenges, deux acteurs se sont positionnés. D’abord, le fondateur du titre Grégory Lassus-Debat, qui en a proposé un euro, non pas pour relancer Causette mais pour récupérer la propriété intellectuelle des marques du titre : Causette, On nous prend pour des quiches, et Française d’origine contrôlable. Et ensuite, l’entrepreneuse Melody Madar, créatrice du média Les Eclaireuses vendu au groupe de Geoffrey La Rocca DC Company fin 2022. Le nouveau magnat des médias, éditeur du Gorafi, a récemment racheté Konbini.

Melody Madar proposait un prix de reprise de 12 000 euros TTC pour l’acquisition du fichier clients, le site internet du magazine et l’ensemble de ses réseaux sociaux, en sus de la reprise de la dette abonnés pour 107 000 euros. Les juges du tribunal de commerce ont accédé à sa demande. « Je me réjouis de la décision favorable du Tribunal du Commerce qui permet de faire renaître ce beau média emblématique, explique-t-elle à l’Informé. Cette décision ouvre une nouvelle page pour Causette, un média qui compte une communauté forte et engagée. »

Actée, la relance de Causette ? Pas totalement : un point épineux reste encore à régler. Celui de l’exploitation des marques associées au titre, toujours détenues par le président d’Hildegarde Reginald de Guillebon. Un contrat de licence figurait ainsi dans la liste des actifs à céder du magazine. Consulté par l’Informé, il prévoit une rémunération annuelle de la société Hildegarde à hauteur de 4 % du chiffre d’affaires de l’entreprise Causette Media, avec un prix plancher de 50 000 euros quels que soient ces résultats. Jugée trop restrictive pour créer un modèle rentable voir « punitive » par certains, la question a même fait fuir d’anciens potentiels acquéreurs et pourrait ici aussi constituer, selon nos informations, un réel point de blocage. Aucun accord n’a en tout cas été conclu à ce jour pour utiliser la marque.

« Depuis 2018, j’étais triste de voir ce que les repreneurs faisaient de ce magazine, qui est précieux, alors je souhaite beaucoup de réussite à Melody Madar et, surtout, une longue vie à « Causette » ! », a indiqué Grégory Lassus-Debat, bon perdant, à l’Informé. Déjà, en 2018, la question de la licence des marques avait posé question. Elles appartenaient à l’époque au fondateur du titre, qui les avait par la suite cédées à Hildegarde.