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Continuer la lectureÀ l’Express, les salariés sommés de pointer leurs heures
L’inspection du travail a rappelé à l’ordre l’hebdomadaire sur le temps de travail de ses équipes, et notamment des journalistes. Dès ce lundi, elles devront consigner scrupuleusement leurs horaires dans un tableur Excel.
Changement d’organisation pour la petite centaine de salariés de l’Express. Dès le lundi 13 janvier prochain, tous les employés du titre devront détailler chaque jour dans un tableur Excel leur temps de travail. Heure d’arrivée et de sortie, temps de pause total sur la journée, rien ne devra être lai...
Dans le mail, la direction adresse en gras ce rappel aux salariés : « Nous tenons à vous rappeler que vous devez réaliser 39 heures par semaine. Aussi, nous avons rappelé à vos managers d’adapter votre charge de travail afin que vous puissiez respecter impérativement ce temps de travail. » La consigne est donc claire : les salariés ne doivent surtout pas faire d’heures supplémentaires. Ces instructions ont été rappelées ce vendredi 10 janvier au matin lors d’une réunion en visioconférence tendue pendant laquelle l’état-major du magazine a fait comprendre aux équipes qu’il n’excluait pas de donner des avertissements à ceux qui ne rempliraient pas leur tableau.
En interne, les salariés ne manquent pas d’adjectifs pour critiquer le nouveau dispositif, qu’ils jugent « ridicule », « aberrant » ou encore « ubuesque ». Plusieurs confient leur désarroi face à la situation, et envisagent de mentir sur leurs relevés afin de fournir le même travail tout en respectant la consigne de la direction de bannir les heures supplémentaires.
« Le boulot a été fait par l’inspection du travail, et maintenant les employés n’ont qu’à être honnêtes », estime pourtant une source syndicale auprès de l’Informé. Selon nos informations, les élus, consultés, ont rendu au préalable un avis négatif sur la mise en place d’un tel outil. « La direction a tout de même décidé de l’imposer de façon unilatérale », regrette notre témoin. L’affaire intervient alors que les négociations salariales annuelles se sont ouvertes hier, et que le passage au forfait jour, qui résoudrait toute polémique autour des 39 heures, est toujours en cours de négociation. « C’est une situation intenable, mais forcément transitoire, veut croire un journaliste. Cet outil ne permet pas de travailler correctement ! »
Pour sa part, la SDJ a fait circuler ce vendredi 10 janvier après-midi un communiqué interne intitulé « Non à la mise en place d’un outil déclaratif du temps de travail ! », dans lequel elle dénonce une solution « contraire à l’esprit et à la pratique » du métier de journaliste, et « déplore que le dialogue entre la direction et les syndicats ait abouti à une telle situation ». Pointant un dispositif qui « met en péril la publication du magazine et le fonctionnement en flux continu » de son site web, l’organisation réclame « la signature d’un accord entre la direction et représentants syndicaux dans les plus brefs délais afin que cesse cette aberration ».
Contactée, la direction de l’Express n’a pas souhaité faire de commentaires.