Offrez un coup d’avance à vos collaborateurs

Médias - Culture

La Chaîne Météo poursuit Météo-France après la hausse foudroyante de ses prix

La chaîne, filiale du Figaro, reproche à l’établissement public une augmentation de 500 % de ses tarifs.

Forecasters watch satelitte control screens as they monitor Cyclone Freddy at the France weather station, Meteo France, in Saint Denis de la Reunion, on the French overseas island of La Reunion on February 20, 2023. (Photo by Richard BOUHET / AFP)
Forecasters watch satelitte control screens as they monitor Cyclone Freddy at the France weather station, Meteo France, in Saint Denis de la Reunion, on the French overseas island of La Reunion on February 20, 2023. (Photo by Richard BOUHET / AFP) RICHARD BOUHET / AFP

Entre ces deux-là, l’heure est à l’orage. Après de longues années sans nuages, La Chaîne Météo a décidé de poursuivre Météo-France devant les tribunaux. La raison ? Le service de prévisions reproche à l’établissement public une augmentation très forte de ses tarifs fin 2019 - de 500 % - et dénonce « une rupture brutale des relations commerciales. » Relation commerciale que Météo-France, de son côté, n’estime pas établie. Après plusieurs allers-retours, la cour d’appel de Paris a renvoyé fin janvier les deux parties devant le tribunal de commerce.

Rachetée en 2006 par Météo Consult auprès du groupe Lagardère, La Chaîne Météo est un canal payant aujourd’hui disponible via Canal+ (canal 160) et Free (canal 230) ou sur internet. Pour alimenter ses prévisions, elle s’appuie sur les datas recueillies et commercialisées par Météo-France. « C’est un partenaire incontournable pour disposer de données locales sur le territoire en temps réel ou presque, assure Frédéric Ameye, vice-président de l’association Infoclimat. Seules une soixantaine de ses 550 stations d’observation Radome (NDLR : un des réseaux d’observation utilisés par Météo-France) sont en open data et gratuites. »

Pour accéder à l’ensemble de ses données, il faut donc payer. « Nous avons été contraints de signer le nouveau contrat, sous peine d’arrêt de fourniture du service, ce qui aurait entraîné la fin d’une bonne partie de nos activités », explique Karim Ben Ghanem, le directeur général de Météo Consult. Compte tenu de la hausse des tarifs, la facture annuelle honorée par Météo Consult est alors passée de 41 518 euros hors taxes à plus de 260 000 euros. Une inflation loin d’être anodine pour une entreprise qui, selon les derniers comptes déposés (entre 2016 et 2018), affichait, au mieux, 1 million d’euros de bénéfices par an.

Outre la hausse des prix, la société, filiale du groupe Le Figaro, déplore aussi une baisse de la qualité de service. « Les impacts de ce changement de fourniture ont été financiers, mais aussi techniques », assure Karim Ben Ghanem. Le patron dit avoir constaté « plusieurs régressions », comme la disparition de certains paramètres, des coupures intempestives d’accès à certaines données ou encore des images radars polluées par des échos parasites. En guise de dommages et intérêts, Météo Consult a finalement réclamé 430 134 euros à Météo-France, ainsi que le versement de 20 000 euros pour ses frais de justice. Contacté, l’établissement public n’a pas souhaité réagir à une affaire en cours.

Reste un débat, l’accès libre aux informations météo. Sans surprise, Météo Consult, comme l’association Infoclimat qui œuvre pour le partage de connaissances sur la météo et le climat, sont favorables à ce que l’ensemble des données soient mises à la portée de tous et gratuitement. Depuis 2022, la chaîne bénéficie déjà des images en open data de l’Organisation européenne pour l’exploitation des satellites météorologiques (Eumetsat), en s’acquittant d’un seul droit de rediffusion de 9 000 euros par an. Un règlement européen, dont la mise en application est prévue d’ici 16 mois, va d’ailleurs dans leur sens.