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Grande conso

Le divorce entre Hema et Casino tourne au pugilat judiciaire

Hema a attaqué son ex-partenaire en justice en raison de 280 000 euros de factures impayées, liées à la fourniture de produits pour ses corners présents dans les hypermarchés et supermarchés Casino.

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ANTOINE WDO / Hans Lucas via AFP

Casino a bien du mal à tourner la page de son aventure avec Hema. Durant près de deux ans, l’enseigne hollandaise a implanté des corners dans les magasins du groupe stéphanois ; d’abord dans les supérettes Franprix puis dans les supermarchés Casino et les hypers Géant. Si les consommateurs étaient ravis de trouver ces produits malins de papeterie et petite décoration en grande distribution, la relation s’est envenimée entre les commerçants, comme l’a appris l’Informé. Las de voir ses factures impayées, Hema a assigné la branche hypermarchés et supermarchés de Casino en référé devant le tribunal de commerce de Saint-Etienne l’été dernier, lui demandant le règlement de 280 000 euros de créances. En retour, cette entité du groupe de Jean-Charles Naouri réclame à son ancien compère plus de 750 000 euros, l’accusant notamment de lui avoir fait perdre de l’argent.

Des problèmes de livraison... et la fin du partenariat

Dans le détail, Hema dénonce des impayés traînant parfois sur plus d’un an pour les produits livrés aux supers et hypers du groupe, alors que Casino met en avant le service décevant de son partenaire. Entre mars et décembre 2021, le pourcentage des livraisons opérées sans accrocs aurait oscillé entre 83 et 85%, « baissant même jusqu’à 69% au cours du mois d’octobre 2021, loin du taux de service de 98% attendu d’un fournisseur » précisait Casino dans son dossier de plaidoirie. L’épicier s’offusque aussi d’avoir découvert mi-octobre 2021 sur le réseau Linkedin que sa collaboration avec Hema prenait fin, sans en avoir été averti. L’annonce correspondait en réalité à une décision plus globale du groupe hollandais de stopper toutes ses collaborations, en France comme avec d’autres partenaires à l’étranger. Toujours est-il que Casino s’est estimé floué, évaluant l’atteinte à son image à 250 000 euros et les pertes de marge liées aux problèmes de livraison à 502 000 euros. Le distributeur a même réclamé l’effacement de la créance réclamée par Hema pour compenser une partie des préjudices qu’il estime avoir subis.

De son côté, Hema a certifié que la résiliation du partenariat avait déjà été évoquée à l’oral lors d’un échange téléphonique avec Casino. Quant à la détérioration du taux de service, elle serait liée à la complexité de la chaîne d’approvisionnement et à des problèmes liés au Covid-19, le fournisseur estimant n’avoir commis aucun manquement à ses obligations contractuelles. En novembre dernier, le tribunal de commerce de Saint-Etienne a finalement ordonné à Casino de régler les 280 000 euros de factures encore impayées, somme additionnée des intérêts de retard à compter de janvier 2022. Mais le juge des référés a précisé qu’il ne rentrait pas dans ses compétences de statuer sur les demandes de compensation émises par le groupe stéphanois concernant le préjudice d’image et de réputation. Le dossier n’est donc peut-être pas clos, avec la possibilité d’une action sur le fond. Contactés, les protagonistes n’ont pas répondu à nos sollicitations.