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Continuer la lectureL’ambitieux plan de développement de La Tête dans les Nuages
Après avoir frôlé le game over au début des années 2010, l’enseigne de salles de jeu repart à l’assaut. L’Informé dévoile ses prochaines ouvertures.
3700 mètres carrés de consoles dernier cri, d’animations 3D/4D et de jeux d’arcade… À La Défense, La tête dans les nuages a décidé de faire les choses en grand. D’ici fin 2023, le spécialiste des lieux de loisirs reprendra l’immense espace laissé vacant par Picwic aux 4 Temps, le centre commercial du...
Rien que cette année, La tête dans les nuages (LTDN) inaugurera trois nouveaux espaces de plus. Fin juin, la chaîne s’implantera dans les allées de Carré Sénart, près de Melun (Seine-et-Marne). Une adresse à potentiel puisque cette zone commerciale de périphérie a connu, selon l’étude Mytraffic, le plus fort rebond de fréquentation après confinement en France : elle a accueilli 27 millions de visiteurs entre juillet 2021 et juin 2022 ( +45 % sur un an). En octobre, le réseau aménagera 2300 mètres carrés à La Part-Dieu, à Lyon, avant de débarquer à Évry 2 en fin d’année. « D’autres ouvertures vont suivre en 2024, quatre au minimum, assure Philippe Sauze, vétéran des jeux vidéo (Electronic Arts) arrivé à la tête de l’entreprise il y a 18 mois. Nous avons des projets avec les foncières de centres commerciaux Altarea, Klépierre et Unibail notamment. » L’enseigne devrait faire partie du projet Central Parc Valvert de la Compagnie de Phalsbourg, à Sainte-Geneviève des Bois (Île-de-France). Certains la verraient bien arriver aussi à Bercy Village ou au Forum des Halles, par exemple, dans Paris.
Mais point d’emballement pour autant : LTDN ne veut surtout pas céder à la précipitation et reproduire les erreurs passées. Créée fin 1993 par le publicitaire Philippe Gimond, l’enseigne a connu une expansion hyper rapide : elle a compté jusqu’à une quarantaine de centres, après que le fondateur a convaincu les frères Touret (meubles Darnal et Pier Import), Didier Calmels et le pilote automobile Alain Prost, de le rejoindre dans l’aventure. Elle a même tenté une entrée en Bourse pour financer le lancement d’une centaine de sites avec Sega. Un projet qui ne se sera finalement pas fait. Placée en redressement judiciaire, la société a été rachetée en 2001 par Verneuil participations, filiale du groupe de l’homme d’affaires François Gontier. Mais treize plus tard, incapable de faire face aux échéances de remboursement de son plan de continuation, elle change à nouveau de mains. Pour 3,2 millions d’euros, La Tête dans les Nuages est reprise par Michaël Aknin, son propriétaire actuel, patron du Lyonnais MBA Entertainment, un importateur/distributeur de machines de jeux d’arcades. « Nous gardons les pieds sur terre, insiste Philippe Sauze, qui vient d’engager un ex-Unibail comme directeur du développement, Guillaume Creuze. On prend le temps de construire l’enseigne. »
Connue pour son adresse historique dans la capitale - 1500m2 près d’Opéra attirant plus d’un million de visiteurs chaque année - la société regarde des projets au pied d’immeubles, en centre-ville, à Paris, Bordeaux ou Toulouse. Mais les centres commerciaux ont bel et bien sa préférence. « L’équation idéale pour qu’on s’implante, c’est un multiplexe de cinémas, une bonne zone de restauration et nous, le tout ouvert aussi le dimanche, glisse le dirigeant. Il faut aussi un loyer raisonnable, on ne peut pas payer comme les grandes enseignes de textile. » Les récentes ouvertures affichent des performances plutôt encourageantes. L’espace du centre lyonnais Confluence (2 millions d’euros d’investissement), malgré une localisation moyenne au 3e étage, « a enregistré 800 000 entrées en 2022 », selon Dominique Hautbois, directeur général centres commerciaux France d’URW, qui a fait de l’installation des loisirs dans ses malls un des axes de sa stratégie, comme plusieurs de ses concurrents nationaux. Avec 920 000 entrées, le pro du jeu a aussi fait son trou à Aéroville, un autre actif d’URW qui peine pourtant à décoller près de Roissy.
La société, portée par son activité dédiée aux entreprises (team building, etc.), serait « très rentable », selon Philippe Sauze, mais le patron reste prudent. « Il ne faut pas s’égarer sur le niveau de loyers, sur la masse salariale, qui devrait déjà passer à 200 personnes fin 2023, et sur le poste énergie », ajoute le dirigeant de 64 ans, actionnaire minoritaire de LTDN. Par souci d’économie, l’entreprise réfléchit par exemple à sous-traiter sa restauration salée. Quant au développement, aujourd’hui financé par emprunt, il pourrait, à terme, passer par la franchise, histoire d’épargner la trésorerie de l’entreprise. « Mais nous n’y pensons pas pour tout de suite, tempère le DG. Une chose à la fois. »