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Grande conso

En difficulté, la Grande Récré cherche un repreneur

La chaîne de magasins de jouets est à la recherche d’un nouvel actionnaire de référence. Des offres de reprise sont espérées d’ici à mi-avril.

FRANCE, PARIS, 2023-02-17. Illustration of the toy store sign La grande recre.
FRANCE, PARIS, 2023-02-17. Illustration de l enseigne de magasins de jouets La grande recre.
Photography by Riccardo Milani / Hans Lucas (Photo by Riccardo Milani / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP)
FRANCE, PARIS, 2023-02-17. Illustration of the toy store sign La grande recre. FRANCE, PARIS, 2023-02-17. Illustration de l enseigne de magasins de jouets La grande recre. Photography by Riccardo Milani / Hans Lucas (Photo by Riccardo Milani / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP) RICCARDO MILANI / Hans Lucas via AFP

C’est le tour de La Grande Récré. Après la liquidation de Camaïeu, les dépôts de bilan de Go Sport et Gap, et la procédure de sauvegarde d’une vingtaine de magasins Galeries Lafayette, c’est une autre enseigne de la galaxie Financière immobilière bordelaise (Fib) de Michel Ohayon qui s’apprête à vivr...

Au-delà de ces négociations, une banque d’affaires a maintenant été mandatée pour trouver des investisseurs ou des repreneurs, car l’avenir de la Fib, actionnaire de référence de l’enseigne, est fortement hypothéqué avec son placement sous redressement judiciaire. Le dossier a de quoi intéresser. Même si La Grande Récré a vu son parc de magasins réduit quasiment de moitié ces dernières années, la chaîne reste un acteur incontournable du marché du jouet en France, avec 950 salariés, 97 magasins en propre, 30 franchisés en France et 17 à l’international, ainsi que 113 corners, notamment dans les stations-service Total et chez Casino.  Son chiffre d’affaires est attendu autour de 175 millions d’euros en 2022 (contre 187 millions en 2019 et 164 millions en 2021).

La famille fondatrice pilote toujours l’opérationnel

Contrairement aux autres enseignes que Michel Ohayon a progressivement rachetées et fait entrer dans son groupe, La Grande Récré ne compte pas que l’homme d’affaires à son capital. La famille fondatrice Grunberg détient encore 5 % de l’entreprise, et Jean-Michel Grunberg est resté aux manettes. Cet attelage date de 2018, quand le réseau, déjà en grandes difficultés financières, a été placé en redressement judiciaire par le tribunal de commerce de Paris. L’instance a choisi de laisser les clés au dirigeant la société, Jean-Michel Grunberg, qui a défendu un plan de continuation en partie financé par l’entrée d’un nouvel actionnaire, Michel Ohayon. Le projet prévoyait que la Fib apporte du cash pour payer un plan d’économies et de relance, en échange d’une entrée à hauteur de 36 % du capital (avec une option pour monter rapidement à 95 %). La restructuration, fondée sur la fermeture de magasins non rentables et l’arrêt de filiales à l’étranger (90 points de vente en Espagne, Belgique et Suisse, un peu plus de 60 en France), était déjà engagée et s’est donc poursuivie.

En 2018, Michel Oyahon avait des ambitions modestes pour La Grande Récré. Alors qu’il n’avait pas encore mis la main sur Camaïeu, Go Sport, Gap ou Cafés Legal, il parlait seulement de loger la Grande Récré dans la vingtaine de Galeries Lafayette, à Agen, Angoulême, Bayonne, Dax, La Rochelle, Libourne et ailleurs, tout juste rachetés au groupe familial de grands magasins. Mi-2022, il était bien plus ambitieux et annonçait vouloir la fusionner avec un autre grand acteur de ce marché, PicWicToys, alors en redressement judiciaire. Mais son offre de reprise de 45 points de vente de cette enseigne, née de la fusion du Nordiste PicWic et de l’Américain Toys’r’Us n’a pas été retenue : le dossier de l’Irlandais Smyths Toys a obtenu les faveurs du tribunal de commerce de Lille.

Fnac/Darty de retour dans le jouet ?

En plus de l’offre de Smyths Toys, les juges avaient sur leur bureau une dizaine d’autres propositions, dont celle emmenée par les français King Jouet et Joué Club. Ces derniers peuvent-ils être intéressés par La Grande Récré, si toutefois le gendarme de la concurrence n’y voit rien à redire ? Mi-2020, King Jouet a en effet déjà ajouté 90 points de vente Maxi Toys à ses 290 magasins ! Fnac/Darty, candidat à la reprise en 2018, peut-il revenir dans le jeu ? Le conciliateur s’est donné jusqu’à mi-avril pour collecter les offres de candidats à la reprise.