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Médias - Culture

Foot en salle et padel : Le Five attire les investisseurs de tous bords

Les trois dirigeants-fondateurs espèrent remettre à plat le capital de leur groupe. La vente récente de leur concurrent Urban Soccer a de quoi les encourager.

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Joseph Viéville, Tony Jalinier et Guillaume Debelmas ont de la suite dans les idées. Depuis des mois, les trois dirigeants-fondateurs du groupe de football à cinq et de padel Le Five (rebaptisé Players le mois dernier) planchent sur une refonte de leur actionnariat. Selon nos informations, ils ont d’ailleurs confié un mandat à la banque d’affaires Amala Partners en fin d’année dernière et le processus de cession a été formellement lancé en janvier. De quoi agiter un marché déjà animé : comme l’a révélé l’Informé en février, le leader, Urban Soccer, a été revendu 157 millions d’euros à la Compagnie des Alpes.

« Nous voulons fortement accélérer dans le padel en France dans les trois prochaines années, puis dans un deuxième temps, nous envisageons aussi de nous développer à l’international et de faire nos premiers pas dans d’autres sports, confie Tony Jalinier. Pour donner vie à ces projets, nous sommes en train de dresser le portrait-robot du meilleur partenaire. » Les trois patrons du Five, devenue société à mission en janvier, n’ont pas l’intention de rester sur le banc de touche et voudraient garder la main sur la gouvernance et la gestion opérationnelle de leur bébé. Hors de question, donc, de s’adosser à un industriel. « Le processus originel était même taillé pour des fonds dits sponsorless, c’est-à-dire laissant le contrôle capitalistique aux managers, note un proche du dossier. Mais une réflexion est actuellement menée pour ouvrir l’enchère à des fonds majoritaires, capables de souplesse sur la gouvernance. » Une piste envisagée suite à de nombreux d’appels entrants.

Issu du rapprochement entre Soccer Park et Le Five en 2016, le groupe a été détenu par le fonds Capza jusqu’en 2021 : les trois entrepreneurs ont ensuite racheté l’ensemble en s’associant au fondateur de Betclic, Nicolas Béraud, depuis propriétaire de la moitié des parts. Le serial investisseur (notamment actionnaire de la marque de cosmétique Respire, du créateur de sacs à dos Cabaïa, de la marque de mode Asphalte…), joueur régulier dans les centres Le Five, pourrait profiter de la future opération pour céder au moins une partie de sa participation dans le groupe, dont l’Ebitda est compris entre 8 et 10 millions d’euros (soit une marge de près de 30 %).

Comptant aujourd’hui près de 120 pistes de padel sous la marque 4Padel, Players revendique une part de marché de 15 % sur ce récent terrain de jeu, faisant de lui le premier acteur privé de France. « Nous allons dépasser les 200 pistes dans les 18 mois qui viennent, se félicite Tony Jalinier. Le marché tricolore fait aujourd’hui près de 80 millions d’euros de chiffre d’affaires et nous l’estimons à terme autour de 500 à 600 millions. » De son côté, le marché français du foot à 5 est évalué par le dirigeant à 140 millions d’euros et pourrait atteindre 210 à 230 millions à maturité. En termes d’infrastructures, Le Five compte 17 centres exclusivement dédiés au foot et 20 ouverts à la fois auxs amateurs de ballon rond et aux joueurs de padel. Quant aux structures destinées au seul padel, elles sont actuellement au nombre de trois. Différence notable avec Urban Soccer, onze de ces lieux ont été créé en franchise.

Si, pour certains investisseurs, le développement exponentiel du padel dans l’Hexagone risque d’être essentiellement capté par les associations sportives, Tony Jalinier reste optimiste. « Nous sommes sereins car nous nous positionnons sur l’indoor premium, avec des lieux faisant la part belle à la convivialité et où il est notamment possible de se restaurer, explique le dirigeant. Qui plus est, le développement de l’offre associative, facilitée par les subventions de l’Agence nationale du sport et la Fédération française de tennis, contribue à augmenter le nombre de joueurs potentiels. »