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Finance - Conseil

Natixis Partners : nouveaux rebondissements dans le transfert des banquiers stars

Mediobanca cherchait à accueillir l’état-major de la structure affiliée à Natixis avec une partie de son équipe. Mais les négociations ont fini par échouer.

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MANUEL COHEN / Manuel Cohen via AFP

Le coup de maître annoncé a fini par déboucher sur un rendez-vous manqué. L’Informé l’avait révélé en janvier : Mediobanca négociait depuis des semaines l’arrivée de toute une brochette de banquiers d’affaires évoluant chez Natixis Partners, la puissante filiale en fusions-acquisitions de Natixis. L’idée de la banque italienne ? Devenir un acteur majeur sur le marché des opérations de private equity en France. Le président de Natixis Partners, Patrick Maurel, et les quatre « managing partners » formant l’état-major de l’entité - Bruno Stern, Ludovic Tron, François Rivalland et Nicolas Segretain - étaient donnés partants, avec une quarantaine de membres de leur équipe. Mais selon nos informations, les discussions, pourtant avancées, ont fini par déboucher sur une impasse, les parties échouant à trouver un accord sur ce transfert.

Non seulement Mediobanca et les banquiers de Natixis Partners n’ont pas réussi à s’entendre sur le plan financier, mais le mouvement s’est aussi heurté à un autre obstacle. En France, la banque italienne est aujourd’hui déjà actionnaire de Messier & Associés, dont elle a pris 80 % du capital : dans ces conditions, quelle place donner aux transfuges de Natixis Partners sans marcher sur les plate bandes de Jean-Marie Messier ? Une nouvelle entité animée par ces banquiers devait être créée. « Sur le papier, il était question qu’elle devienne une société sœur de Messier & Associés, mais dans la pratique Jean-Marie Messier poussait pour que la nouvelle structure soit affiliée à la sienne », explique un connaisseur du dossier. Une rumeur, relayée par le blog Opérations financières, évoquait aussi la proposition de Mediobanca d’accueillir les équipes Natixis Partners dans deux ans. Mais cette piste est balayée d’un revers de main par des proches du dossier.

L’échec des discussions redonne du crédit à un autre scénario : les banquiers de Natixis Partners resteraient… là où ils sont. « La maison mère leur a fait une contre-offre avec des garanties fortes, qui a rendu moins attractive la proposition de la boutique de Jean-Marie Messier », souffle un banquier. Les négociations se poursuivent ainsi avec la direction générale de Natixis, qui continue d’élaborer un plan stratégique dans lequel le conseil en fusions-acquisitions devrait conserver une place importante. Parmi les points clés des discussions : l’indépendance opérationnelle réelle dont dispose l’équipe par rapport aux autres métiers de la banque. Certaines sources laissent néanmoins entendre que des échanges continuent de se faire entre les associés de Natixis Partners et d’autres structures de conseil ou banques désireuses de se renforcer en France. EY (dont sont issus Patrick Maurel et Bruno Stern) les avait aussi approchés, tout comme Evercore et Houlihan Lokey, sans qu’un accord aboutisse. Une prise d’indépendance à 100 % avec la création d’une nouvelle banque d’affaires ne serait pas non plus totalement à exclure.