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Continuer la lectureNatixis Partners au bord de l’implosion, les « managing partners » pourraient partir
Des crispations sur l’autonomie de la filiale française de Natixis dans les fusions-acquisitions pourraient conduire au départ de ses associés-clés.
Coup de théâtre chez Natixis, et dans sa filiale de conseil en fusion-acquisitions Natixis Partners. Dans cette structure très en vue dans le marché des fusions-acquisitions (M&A) et du private equity en France, l’interrogation monte autour de l’avenir dans la maison des quatre « managing partners », François Rivalland, Bruno Stern, Ludovic Tron et Nicolas Segretain, ainsi que Patrick Maurel, qui a quitté le directoire il y a près d’un an mais reste l’homme fédérateur et l’autorité morale absolue de cette équipe. Selon nos informations, les associés, qui travaillent ensemble depuis une quinzaine d’années, sont en train de renégocier leurs liens avec la maison mère, dans l’idée de conserver suffisamment d’autonomie. Mais plusieurs sources les donnent sur le départ.
Ce « club des cinq » de banquiers serait courtisé par Mediobanca, déjà propriétaire de Messier & Associés, la maison de conseil pilotée par Jean-Marie Messier. En France, la banque italienne cherche en effet à mettre la main sur une importante équipe dédiée aux opérations de M&A mid-cap, a appris l’Informé. Les associés de Natixis Partners discuteraient aussi avec Houlihan Lokey, une banque d’affaires américaine qui n’a jamais vraiment réussi à percer depuis son arrivée en France il y a cinq ans. Mais les jeux ne sont pas faits, laisse entendre un proche des cinq associés. « Natixis est en train de définir son nouveau plan stratégique, dans lequel le métier des fusions-acquisitions aura une place importante, souffle ce dernier. Patrick Maurel et son équipe ont formulé un certain nombre de demandes. Mais si ça ne colle pas et que Natixis décide de faire autrement, les associés seront prêts à considérer leurs options ». Ce qui laisse clairement la porte ouverte à l’hypothèse d’un départ.
Interrogé par l’Informé, Natixis CIB, maison mère de Natixis Partners, confirme effectivement que l’activité M&A est centrale. « Nous avons un modèle avec sept affiliés dans neuf pays, parmi lesquels l’affilié Natixis Partners, partenaire de longue date. La préparation du prochain projet stratégique de Natixis, présenté mi-2024, donne actuellement lieu à des réflexions sur le développement d’une activité de M&A à la fois solide et porteuse de synergies pour Natixis CIB. » Selon nos informations, ce choix pourrait entraîner une intégration plus forte de cette activité au sein du groupe bancaire et la renforcer par l’acquisition de nouvelles boutiques.
Au fil des ans, Patrick Maurel et ses compères sont devenus des références sur le marché du private equity, particulièrement sur le segment des transactions de taille moyenne (le « mid-market », de 100 millions à 1 milliards d’euros de valorisation), mais aussi dans la santé et la « tech ». Une réputation qu’ils se sont d’abord forgée chez Aforge Finance, puis chez Banca Leonardo avant d’opter pour un adossement à Natixis. La filiale de BPCE avait pris une participation majoritaire à leurs côtés dans Natixis Partners, tout en laissant suffisamment d’indépendance à ses équipes pour manoeuvrer au quotidien sans interférence avec ses autres activités, comme le financement. Elle leur a apporté en échange ses propres forces vives dans le conseil aux grandes entreprises, dans les deals d’immobilier ou d’infrastructures, avec un vivier de « managing directors » expérimentés. Mais des frictions sont progressivement apparues Natixis essayant de resserrer son contrôle tandis que des tensions en interne auraient fait jour, notamment sur des sujets de répartition des profits et des responsabilités.
Il y a un peu moins de deux ans, Natixis Partners avait réalisé un coup de force dans le conseil à l’achat, en enrôlant les banquiers Driss Mernissi, Olivier Dardel et Denis Vidalinc. Le premier venait de Messier & Associés tandis que les deux autres officiaient dans la banque canadienne Canaccord Genuity. Mais ce mouvement stratégique pourrait être remis en cause en cas de départ des associés historiques de la filiale de conseil en fusions-acquisitions de Natixis. « Ils ont leur boutique dans la boutique et sont dotés d’une forte autonomie, note un banquier. Ils décideront tous les trois de la suite à donner, en fonction de l’évolution des discussions. »
Contactés, les associés de Natixis Partners n’ont pas souhaité commenter.