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Continuer la lectureCNews : le Conseil d’État confirme (encore) les rappels à l’ordre de l’Arcom
La chaine avait contesté deux mises en demeure de l’Arcom concernant des propos polémiques sur le Covid et le ghetto de Varsovie. Le Conseil d’État vient de rejeter ses requêtes.
C’est un nouveau camouflet pour CNews. Alors que la chaîne d’information en continu contestait deux mises en demeure que lui avait infligées l’Arcom (ex-CSA), ses requêtes ont été rejetées par le Conseil d’État. Le gendarme de l’audiovisuel avait épinglé la filiale du groupe Canal Plus en mai dernier, suite à deux émissions dans lesquelles des propos polémiques avaient été tenus. La première prise de parole visée concernait l’émission « Les Points sur les i » diffusée le 21 novembre 2021.
Le professeur Perronne, invité récurrent de la chaîne, y avait nié l’existence de la cinquième vague de Covid-19, déclarant que l’épidémie était « quasiment terminée en France », alors que, comme le pointe le Conseil d’État, « les données épidémiologiques disponibles à la date de l’émission (…) montraient que (…) la circulation du virus augmentait rapidement. » Et le professeur décrié d’ajouter que « si on traitait par l’hydroxychloroquine, l’azithromycine, l’ivermectine, il n’y avait pas de morts », mais aussi que les vaccins à ARN messager avaient pour effet de « modifier les cellules des gens ».
La deuxième déclaration polémique avait été formulée dans L’heure des pros du 1er février 2022. Lancé d’un surprenant rapprochement entre le sort des non-vaccinés contre le Covid-19 et celui des Juifs lors de la Seconde guerre mondiale, le journaliste Ivan Rioufol s’était laissé aller à ces propos : « Quand le ghetto de Varsovie a été créé en 1940, c’était (…) un lieu de contaminés (…), c’était un lieu hygiéniste, c’était un lieu qui était fait pour préserver du typhus ».
Or, « il est reconnu par l’ensemble des historiens que ces préoccupations ne constituaient qu’un prétexte » pour les nazis, a rappelé le Conseil d’État dans sa décision. Et d’ajouter que les propos de Rioufol n’avaient « fait l’objet d’aucune contradiction », que ce soit de la part de Pascal Praud ou des autres invités.
Dans les deux cas, CNews dénonçait un excès de pouvoir de l’Arcom. Le Conseil d’État l’a donc renvoyé dans les cordes. Et ce n’est pas la première fois que la plus haute juridiction a dû trancher sur un sujet relatif au canal 16. En janvier, le Conseil d’État avait ainsi confirmé une mise en demeure du gendarme de l’audiovisuel concernant les temps de parole accordés aux différentes sensibilités politiques sur la chaîne. En effet, CNews avait pris l’habitude de passer les interventions de l’exécutif et de la gauche à des heures tardives...
Depuis 2015, CNews a reçu 23 rappels à l’ordre de l’Arcom (ex-CSA). Précisément, le gendarme de l’audiovisuel a infligé 11 mises en garde (sa réprimande la moins sévère), 10 mises en demeure, et 2 sanctions (sa réprimande la plus sévère).
Contactés, la chaine et son avocat n’avaient pas répondu à nos sollicitations à la publication de cet article.