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Médias - Culture

Caroline Pigozzi, « la papesse de la papauté », déboutée face à Paris Match

La célèbre vaticaniste dénonçait le comportement « violent et méprisant » de son employeur, qui l’avait poussée à prendre sa retraite à 69 ans.

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JLPPA / JLPPA/ABACA

Son avocate se plaît à l’appeler « La papesse de la papauté » : Durant 30 ans, Caroline Pigozzi a relaté dans Paris Match tout ce qui se murmurait dans les coursives du Saint-Siège. Pour son journal, la spécialiste a accompagné le Pape François dans 28 pays, du Canada à Bahreïn en passant par le Kazakhstan. Jusqu’à ce 25 novembre 2022, où la journaliste a appris sa mise à la retraite. Depuis, la septuagénaire ne décolère pas. Si elle ne conteste pas la décision, elle réfute la méthode de calcul de son ancien employeur. Selon nos informations, elle a demandé d’importantes indemnités complémentaires devant le conseil des prud’hommes. Une prière restée vaine.

Dans le détail, Caroline Pigozzi voulait que sa mise à la retraite soit assortie d’une indemnité au moins égale à celle qu’elle aurait perçue pour un licenciement (se fondant sur l’art. L. 1237-7 du code du travail). Comme Caroline Pigozzi percevait 7 105,78 € par mois, elle aurait dû toucher, selon son raisonnement, 106 586,70 euros pour les 15 premières années (puisque la convention collective des journalistes prévoit un mois par année d’ancienneté pour les 15 premières années). Déduction faite de l’indemnité perçue de 71 205, 84 euros au moment de son départ, elle réclamait donc un complément de 35 380,86 euros. Son avocate demandait aussi le renvoi des parties devant la commission arbitrale des journalistes, un dispositif spécifique à cette profession, qui prévoit que le surplus des 15 autres années soit déterminé par cette juridiction.

À écouter maître Emmanuelle Orengo devant le conseil des Prud’hommes, sa cliente avait, en outre, « quelques difficultés relationnelles avec ses rédacteurs en chef » mais aucune intention de prendre sa retraite. Pour l’avocate, cette décision unilatérale de Paris Match relevait « plus du règlement de compte » que de la volonté de se séparer d’une journaliste mondialement reconnue. Aussi, elle demandait 25 000 euros de dommages et intérêts en réparation des préjudices subis « du fait du comportement violent et méprisant de son employeur à son encontre ». Elle avançait comme preuve le retrait rapide de Caroline Pigozzi de l’« ours » du magazine (cet encart où figurent les noms et rubriques des journalistes d’un titre). Vexée, la grande reporter voulait aussi que la décision des prud’hommes soit publiée dans Paris Match.

Une décision « ni brutale, ni humiliante »

Face à ces attaques, l’hebdomadaire a rappelé que ce retrait avait été opéré deux semaines après le départ de la rédactrice, mais aussi que, Stéphane Egloff, directeur des ressources humaines, et Patrick Mahé, directeur général de la rédaction, lui avaient remis en main propre le courrier de mise à la retraite, signe de leur considération. L’avocate du titre, maître Charlotte Guy, a toutefois reconnu durant l’audience « une erreur sur le préavis » (de deux mois au lieu de trois) mais que cette bourde avait été régularisée. « Madame Pigozzi a une manière particulière de s’exprimer envers les uns et les autres », a-t-elle ajouté. « Elle fait des mails insultants, menaçants pour les uns et les autres. Elle dit que celui qui l’a remplacée est « tricard » au Vatican et que Patrick Mahé est plus opportuniste qu’intelligent et qu’il a une mémoire de poisson rouge ! ». Pour l’avocate, qui réclamait 1 000 euros à l’ex grand reporter pour procédure abusive, il était « totalement contradictoire de la part de Caroline Pigozzi d’affirmer qu’elle ne contestait pas la régularité formelle de la mise à la retraite qui lui a été notifiée, tout en demandant des dommages et intérêts pour une prétendue rupture brutale et vexatoire ». L’argument a fait mouche et la fumée blanche est sortie du conseil : Caroline Pigozzi a été déboutée de ses demandes.

Caroline Pigozzi n’avait pas retourné notre appel à l’heure de notre publication. Son avocate n’a pas souhaité s’exprimer.