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Médias - Culture

Au bord du crash, Air & Cosmos cherche un repreneur

Les prétendants ont jusqu’au 14 avril pour déposer un dossier de rachat de l’hebdomadaire dédié à l’aéronautique et au spatial. Un sérieux candidat est déjà sur les rangs.

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Atterrissage en vue pour Air & Cosmos. Placé en redressement judiciaire en décembre dernier, le magazine consacré à l’aéronautique et au spatial attend des offres de reprise d’ici au 14 avril au plus tard, a appris l’Informé. Propriété du groupe Discom d’Hubert de Caslou depuis 2013, le titre ne peut faire face au remboursement d’un prêt garanti par l’État (PGE) d’environ 1 million d’euros contracté durant la crise du Covid et arrivant à échéance cette année. La période d’observation a été prolongée fin février jusqu’au 30 juin prochain. « Dans ce cadre, deux options se présentaient : soit un plan de continuation, soit une cession, précise le mandataire judiciaire, maître Stéphane-Alexis Martin. C’est finalement cette seconde option qui a été choisie. » Les 10 salariés attendent l’issue de ce processus tout en préparant le salon du Bourget, grand-messe du secteur qui se déroulera à partir du 16 juin en Seine-Saint-Denis.

Créé en 1963, l’hebdomadaire a enregistré un chiffre d’affaires de 2,7 millions d’euros l’an dernier et constitue une référence dans son domaine. Avec plus de 6000 abonnés et 1200 ventes en moyenne en kiosque chaque semaine, il pourrait attirer plusieurs repreneurs. Parmi les candidats, l’armateur CMA CGM fait figure de favori et envisage le dépôt d’une offre. Un intérêt assez logique. Actionnaire d’Air France (8,8 %), le groupe de la famille Saadé possède également 5 avions neufs et disposera d’un Boeing B777F en août 2025 et 8 Airbus A350F à partir de 2027 pour le transport de marchandises*. Côté spatial, il contrôle 5,47 % du capital de l’opérateur Eutelsat et compte même un représentant au conseil d’administration de cette entreprise qui possède la constellation de satellites OneWeb, concurrente de Starlink d’Elon Musk. Mais surtout, le propriétaire du site Internet La Tribune souhaiterait s’appuyer sur l’expertise du magazine pour renforcer son pôle Événements. Celui-ci organise des conférences professionnelles à Paris, Marseille, Lyon ou encore Toulouse, siège d’Airbus. Des activités très rentables qui permettent de compenser les difficultés rencontrées par la presse, en crise. Contacté, CMA CGM n’a pas souhaité faire de commentaire.

Face au géant marseillais, le groupe Histoire & Collections dirigé par Thierry Verret a aussi regardé le dossier mais ne devrait pas donner suite pour l’instant. Éditeur de Raids Aviation ou du magazine militaire Raids, il avait déjà été sollicité par une banque d’affaires il y a quelques mois de cela. « Je pense que je n’irai pas car il faut débourser au moins deux millions d’euros pour éponger les dettes et payer les clauses de cession aux journalistes qui souhaiteraient partir », précise-t-il. Même son de cloche du côté de Aerospatium, journal créé par des anciens d’Air & Cosmos. L’avenir de l’hebdomadaire se joue donc dans les prochains mois.

* Article modifié le 11 avril avec les précisions sur le nombre d’avions de CMA CGM.