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Continuer la lectureLe groupe média Le Crayon devient rentable
La société a dégagé des bénéfices en 2024. En pleine croissance, elle table sur un chiffre d’affaires de 5 millions d’euros en 2025. Le milliardaire Pierre-Édouard Stérin était sorti de son capital il y a quelques semaines.
« Deviens l’étincelle 💥 » ou « Prends la parole 🎤 ». Sur LinkedIn, Wallerand et Sixtine Moullé-Berteaux, deux frère et sœur, distillent leurs posts « inspirants ». Au menu, diverses présentations de leurs clients et logorrhées enflammées sur l’entrepreneuriat. Avec respectivement 39 000 et 89 000 abonnés, à 28 ans et 24 ans, ils sont devenus des experts du réseau social professionnel et l’utilisent abondamment pour promouvoir leur groupe média Le Crayon cofondé avec Jules Stimpfling et Antonin Marin. Leur groupe comprend le média de débat éponyme, l’agence de relations presse et d’influence le Surligneur, et le média et guide digital Les Pépites de France. Comptant une bonne trentaine d’employés, Le Crayon a, selon nos informations, noué avec la rentabilité en 2024. Il a dégagé un bénéfice net de près de 80 000 euros pour un chiffre d’affaires d’environ 2,5 millions d’euros.
Un montant provenant, selon Wallerand Moullé-Berteaux, pour les deux tiers du Surligneur, et pour le tiers restant de l’activité « média » du groupe, qui rassemble Le Crayon et Les Pépites de France. Des chiffres en nette progression : en 2023, la société perdait plus de 35 000 euros, pour un chiffre d’affaires de 1,5 million d’euros. Via son agence Le Surligneur, la société conseille notamment Kelly Massol (Les secrets de Loly), Sam Zirah, Blaise Matuidi, ou encore Martin Pavanello. Elle travaille également sur des enjeux d’influence marketing avec EDF, le Paris FC, BNP Paribas, Engie ou encore la SNCF. « L’année 2025 est très bonne, nous prévoyons un chiffre d’affaires autour de cinq millions d’euros », avance le dirigeant.
Du côté de son actionnariat, le groupe avait bouclé en 2023 une levée de fonds d’un million d’euros, faisant ainsi entrer au capital de nombreux business angels comme David Layani, Emilie Daversin, Xavier Niel (actionnaire de l’Informé, ndlr) ou encore Pierre-Édouard Stérin. Ce dernier possédait encore il y a peu 3,9 % du capital, mais il en est sorti il y a quelques semaines. « Ce départ s’est fait en bonne intelligence, pour clarifier l’indépendance de notre ligne éditoriale, bien qu’il n’ait jamais eu aucune influence », assure le fondateur, également co-créateur de l’application Elyze, créée en 2022 et surnommée le « Tinder de l’élection présidentielle ». La manière dont Wallerand Moullé-Berteaux a annoncé le retrait du milliardaire d’extrême droite n’a toutefois pas eu l’air de lui plaire. L’Humanité, avait repéré une réaction du domicilié fiscal belge sur les réseaux depuis supprimée : « Pourquoi communiquer ainsi ? Le Fonds du bien commun était là lorsque tu avais besoin d’argent. Je trouve très peu élégant de nous remercier ainsi. »
La participation de Pierre-Édouard Stérin, par ailleurs « égale à celle de Xavier Niel », assure Wallerand Moullé-Berteaux, a depuis été reprise en majorité par Manuel Diaz via sa société Influx, mais aussi dans une moindre mesure par l’entrepreneur Guillaume Fellus. En plus de ces nouveaux associés, le groupe Le Crayon compte toujours une vingtaine d’autres actionnaires, tels que l’ex-PDG de SAP et d’Oracle Gérald Karsenti, le fondateur d’Albert School Grégoire Genest, le PDG d’Eskimoz Andréa Bensaïd, la société Tudigo, ou encore la conférencière Laura Lesueur. Tous ces entrepreneurs disposent de moins de 1,5 % du capital de la société, détenue à 80 % par ses quatre fondateurs, explique Wallerand Moullé-Berteaux. « Nous ne prévoyons pas de nouvelles levées de fonds, assure le vingtenaire à l’Informé. Mais nous rêverions de pouvoir ouvrir le capital de la société à notre communauté…» Rien que sur Instagram, les comptes du groupe sont suivis par plus de 2 millions de personnes.