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Appartements, Rolex, … le train de vie du sculpteur Richard Orlinski épinglé par le fisc

Alors qu’il est l’objet d’une enquête judiciaire pour fraude fiscale, l’artiste tente d’échapper à deux redressements fiscaux pour un total dépassant un demi-million d’euros. Il vient de perdre un recours devant le Conseil d’État.

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FREDERIC DIDES / Hans Lucas via AFP

Cet été, ses sculptures géantes d’animaux étaient exposées dans la cité des anges, à Nice. L’année dernière, c’était sur les Champs-Élysées. Les œuvres de Richard Orlinski sont aussi visibles à Courchevel, à Miami ou dans sa propre galerie de Saint-Tropez. C’est peu dire que le sculpteur cherche (et ...

D’où vient le problème ? L’activité du « sculpteur des stars » - un surnom qu’il doit à sa capacité à placer ses gorilles, panthères et autres crocodiles chez Justin Bieber ou Kylian Mbappé – est florissante : elle génère un chiffre d’affaires d’une centaine de millions d’euros par an, selon ses propres déclarations au journal Le Monde. Mais le fisc lui reproche des irrégularités concernant à la fois des avantages tirés des sociétés gérant son activité d’artiste et ses investissements personnels dans l’immobilier. Deux procédures différentes ont été engagées.

Pour la première procédure, tout commence en juin 2014. L’administration entame un « examen de la situation fiscale personnelle » de Richard Orlinski, autrement dit un contrôle fiscal approfondi, portant sur les années 2011, 2012 et 2013. À l’époque, le succès est déjà au rendez-vous et il dispose d’un patrimoine confortable. Cinq mois après le début du contrôle, dans les échanges avec les limiers de Bercy, son avocat mentionne la location de 23 appartements meublés dans différents arrondissements de Paris. Problème : le sculpteur n’a encore jamais déclaré d’activité de loueur en meublé. Le fisc sévit : il s’attache à reconstituer la somme des loyers encaissés, pour les imposer au titre des bénéfices industriels et commerciaux.

L’administration ajoute à ce premier redressement des revenus occultes dont Richard Orlinski a bénéficié de la part de St’art Gallery, l’une de ses nombreuses sociétés : elle aurait pris en charge ses dépenses personnelles sans contrepartie. Malgré plusieurs dégrèvements en cours de procédure, l’addition finale s’élève à plus de 245 000 € en suppléments d’impôts à payer. L’artiste a bien tenté de contester en justice. Mais il a été éconduit par le tribunal administratif, par la cour d’appel, et enfin par le Conseil d’État le 18 octobre. Cette fois, il lui sera difficile de ne pas passer à la caisse…

Deux Rolex et un prêt de 200 000 €

Le fisc ne s’est pas arrêté là. Pour les années suivantes, 2014 et 2015, il réclame respectivement 103 000 € et 179 000 € de rappels d’impôts et de contributions sociales à Richard Orlinski. Dans ce deuxième volet, le contrôle fiscal a porté non sur le sculpteur, mais sur une autre de ses sociétés, dénommée Passy Belleville. Par ricochet, il en fait les frais, à titre personnel. En effet, l’opération a mis à jour un prêt de 200 000 € de Passy Belleville à son dirigeant. Pour l’administration, il s’agit de revenus distribués, donc imposables sur son impôt sur le revenu. La société a aussi réglé deux Rolex destinées au sculpteur pour un montant de 39 500 € - un avantage qui doit, là encore, être soumis à l’impôt.

Ici aussi, les recours des avocats du sculpteur ne sont pas fructueux, même si la procédure suit son cours. Le conseil d’État a validé les montants concernant l’année 2015. Pour ceux de l’année 2014, le tribunal administratif de Paris lui a donné tort en décembre 2022.

L’ensemble de ces redressements fiscaux pourraient bien paraître secondaires si Richard Orlinski finit par être inquiété au pénal. Une enquête judiciaire a été ouverte par ailleurs par le parquet national financier en 2019 sur des faits présumés de fraude fiscale aggravée. Comme Le Parisien l’avait révélé, un ancien collaborateur est à l’origine de la procédure : il accuse l’artiste à succès d’avoir dissimulé ses revenus, en les transférant vers une société espagnole à l’activité fictive. Richard Orlinski a été entendu - « librement et à sa demande », précisent ses avocats. Selon une source proche du dossier, la procédure est toujours au stade de l’enquête préliminaire.

L’Informé a contacté les avocats de Richard Orlinski. Au sujet des procédures administratives, Patrick Klugman et Robin Binsart expliquent que « ces redressements, qui portent sur des situations vieilles d’une dizaine d’années, font l’objet de contestations devant les juridictions administratives ». Une déclaration faite avant le dernier arrêt du Conseil d’État. Ils n’ont pas retourné nos sollicitations depuis.