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Continuer la lectureLa holding des Pinault laisse des plumes dans l’aventure Farfetch
Le rachat à la casse du site d’e-commerce de luxe est synonyme de perte sèche pour ses actionnaires. Dont Artémis, la holding de la famille Pinault, qui a investi au moins 100 millions de dollars dans l’affaire.
Elle était promise au plus bel avenir. Créée en 2008, la marketplace Farfetch devait s’imposer comme un leader de la révolution e-commerce dans un univers longtemps maladroit avec le numérique : le luxe. Chanel, Gucci, Balenciaga… Avec les années, le site a su proposer les plus belles marques. Introduit en grande pompe à la Bourse de New York en 2018, il a même vu sa valeur s’envoler jusqu’à atteindre 24 milliards de dollars en 2021 ! Avant que tout ne se complique. Ralentissement des ventes en ligne, restrictions imposées dans de nombreux pays (Russie, Chine…), business model vacillant… La pépite d’un instant vient de frôler la faillite, finalement rachetée une bouchée de pain par le sud-coréen Coupang. Dans un contexte pareil, Farfetch s’est montrée très claire auprès de ses actionnaires : il faut s’attendre à ce qu’ils « (…) ne récupèrent aucun de leurs investissements en cours » a-t-elle fait savoir dans sa communication au marché du 18 décembre.
La liste des lésés est aussi longue que prestigieuse. On y trouve Alibaba, Richemont ou encore Morgan Stanley. Mais aussi la famille Pinault. Via leur holding Artémis, les propriétaires du groupe Kering ont injecté pas moins de 100 millions de dollars dans Farfetch, quand l’entreprise faisait encore rêver. Ils ont pris une première participation de 50 millions en septembre 2018 lors de l’introduction en Bourse, puis une seconde du même montant en 2020. Selon nos informations, ils détiennent aujourd’hui pas loin de 1 % des actions de la société... dont la capitalisation dépassait à peine 250 millions de dollars mi-décembre.
Toutefois, l’histoire de Farfetch aurait pu encore plus mal tourner. Un temps mentionné comme un potentiel chevalier blanc, Richemont a fait savoir qu’il n’était pas candidat à la reprise, Coupang proposant une solution in extremis. Ce géant coréen du commerce en ligne, côté au Nasdaq, a promis d’investir 500 millions de dollars pour lui permettre de rester en activité.