L'abonnement à l'Informé est à usage individuel
Un autre appareil utilise actuellement votre compte
Continuer la lectureQuatre fonds américains s’affrontent pour racheter ADB Safegate à Carlyle
Détenu par le géant de Washington depuis 2017, ce fournisseur mondial d’équipements et de services aéroportuaires peine à séduire les investisseurs.
Le projet de vente d’ADB Safegate, révélé dans nos colonnes en mars, se soldera-t-il par une nouvelle déconvenue pour Carlyle, son propriétaire depuis 2017 ? Au sein du milieu des affaires, l’inquiétude est palpable, même si le processus de cession n’a pas encore atteint son épilogue. Selon nos informations, quatre fonds américains sont positionnés pour racheter ce fournisseur belge d’équipements et de services aéroportuaires : AIP, Searchlight, Lone Star et Stonepeak. Ces investisseurs ont remis des lettres d’intention à Goldman Sachs, chargé de la vente, le 16 octobre. Mais la déception est de mise dans les rangs de Carlyle, qui se serait donné quinze jours de plus pour tenter d’attirer de nouveaux candidats.
Acteur clé de l’aéronautique, ADB Safegate fournit à 2700 aéroports dans le monde des balisages lumineux, des solutions de guidage laser pour l’accrochage des passerelles ou encore des systèmes de stationnement et des outils d’interaction avec les tours de contrôle (notamment dans les aéroports français Charles de Gaulle et Orly). Mais le groupe a connu, à l’image de ses clients, un important trou d’air lors de la crise sanitaire, obligeant Carlyle à patienter avant de pouvoir présenter sa participation sur le marché du M&A. Désormais requinqué, l’équipementier devrait afficher cette année près de 500 millions d’euros de chiffre d’affaires (contre 471 millions l’an passé) pour un Ebitda qui avoisinerait 90 millions d’euros, selon nos informations.
En 2017, le fonds américain avait racheté ADB Safegate à PAI Partners pour 910 millions d’euros. Les revenus du groupe était alors de 400 millions et l’Ebitda compris entre 70 et 80 millions. La progression est donc réelle mais modeste. « Soit ils décident de jeter l’éponge, soit ils acceptent de vendre à un prix qui ne peut être que décevant par rapport au business plan originel », note un proche du dossier. Si un tel abandon venait à survenir, il serait alors à ajouter à la liste des épineux dossiers du fonds. Il y a trois ans, il avait dû se résoudre à repousser la vente du verrier français Saverglass, finalement racheté par l’australien Orora pour environ 1,3 milliard d’euros l’an dernier. En début d’année, il s’est aussi cassé les dents sur la cession de sa participation dans Acrotec, un fournisseur de composants de mouvements mécaniques. Conséquence : le patron de Carlyle à Paris, Jonathan Zafrani, a été remercié après 25 ans de loyaux services. Il est désormais senior advisor pour la firme, afin de l’accompagner dans les prochaines sorties, dont ADB Safegate.