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Continuer la lecturePolytechnique : le départ de la directrice générale rebat les cartes
Alors que la refonte de la gouvernance de l’établissement, engagée par le ministère des armées, n’a toujours pas abouti, la patronne de l’X, Laura Chaubard, devrait quitter ses fonctions cet été.
L’été s’annonce studieux à la tête de Polytechnique. Après trois ans d’atermoiements, l’école d’ingénieurs devrait enfin avancer dans la réorganisation de sa gouvernance. Première raison de cette accélération : le départ de sa directrice générale, Laura Chaubard. Cette ingénieure générale de l’armement, qui devint en 2022 la première femme à diriger l’établissement militaire, n’avait pas fait mystère de son intention de ne rester en poste qu’entre quatre et cinq ans. Le calendrier devrait se préciser. Selon nos informations, elle pourrait quitter l’X en août.
Deuxième raison : l’actualisation de la loi de programmation militaire (LPM) 2024-2030, examinée au Parlement depuis le mois d’avril. Le texte, actuellement au Sénat, fixe les nouvelles modalités de gouvernance de l’école, en reprécisant les missions du président du conseil d’administration et du directeur général. En filigrane derrière cet aménagement législatif, Bercy et le ministère des armées veulent mieux coordonner l’action de la prestigieuse école d’ingénieurs et celle de l’Institut polytechnique de Paris (IP Paris). Créé en 2019 pour constituer un ensemble de rang mondial dans les classements internationaux, celui-ci regroupe autour de l’X cinq autres grandes écoles (l’Ensta, les Ponts & chaussées, l’Ensae Paris, Télécom Paris et Télécom SudParis). L’idée des pouvoirs publics ? Doter ces deux établissements d’un pilotage exécutif propre à chacun, chapeautés par une présidence non exécutive commune aux deux.
Censée être en place en 2024, la réforme est cependant toujours au point mort. Après le départ en 2023 d’Éric Labaye, alors président de l’IP Paris et de l’X, Laura Chaubard s’est vue confier la présidence de Polytechnique par intérim, en plus de ses fonctions de DG. L’IP Paris est également chapeauté par un président provisoire - non exécutif - depuis mai 2025, Alexandre Lahousse, par ailleurs DG adjoint de la direction générale de l’armement (DGA). Et c’est Thierry Coulhon, ex-président du Haut Conseil de l’évaluation de la recherche et de l’enseignement supérieur et ancien conseiller éducation d’Emmanuel Macron à l’Élysée, qui tient les rênes opérationnelles en tant que président du directoire.
Le choix du successeur de Laura Chaubard à la direction générale de Polytechnique est donc lié au profil qui sera choisi pour devenir le futur président commun à l’X et à l’IP Paris. Le nom de l’ancien dirigeant de PSA Peugeot-Citroën, Philippe Varin, circule depuis des mois pour occuper ce nouveau fauteuil.
Plusieurs fois sollicitée par des entreprises privées ces derniers mois, Laura Chaubard pourrait, elle, rejoindre un industriel dans le secteur de la défense par exemple. « Vu son parcours, elle peut intéresser des groupes comme Thales, Dassault ou Safran », gage un proche du dossier. Pour lui succéder à l’X, la DGA, autorité de tutelle de l’école, pousse plusieurs noms. Deux ingénieurs généraux de l’armement seraient évoqués : Bruno Bellier, adjoint au directeur de l’ingénierie et de l’expertise de la DGA depuis juillet 2025, et Marie-José Martinez, directrice des souffleries à l’Office national d’études et de recherches aérospatiales (Onera) depuis mai 2021, après avoir dirigé le centre DGA essais de propulseurs.
Laura Chaubard, Marie-José Martinez et Bruno Bellier n’ont pas souhaité commenter nos informations.