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Industrie

Précurseur de la surveillance sans pilote, Azur Drones en redressement judiciaire

Malgré des appareils prisés pour leur capacité d’autonomie en milieu sensible, les levées de fonds et recapitalisations n’ont pas suffi.

Le drone Skeyetech E2 d’Azur Drones
Le drone Skeyetech E2 d’Azur Drones

Azur Drones fait grise mine. L’entreprise qui se présente comme le leader européen des solutions de surveillance par drone automatisé a été placée le 3 juin 2026 en redressement judiciaire pour six mois par le tribunal de commerce de Bordeaux. « La situation est évidemment difficile pour l’ensemble d...

Loin de l’équilibre, Azur Drones a régulièrement dû être recapitalisé par son actionnaire majoritaire, la holding financière Corely Belgium, détenue par la famille du magnat nordiste Georges Gaspard. La 133e fortune française selon le classement de Challenges est également propriétaire du distributeur de fournitures de bureau Lyreco. Mais malgré des levées de fonds substantielles (environ 30 millions d’euros depuis son lancement) et la contribution de plusieurs seniors advisors renommés comme Bertrand Deroubaix, ancien directeur des affaires publiques de TotalEnergies et Alain Juillet, ex-directeur du renseignement de la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE), la société basée à Mérignac (Gironde) n’a pas réussi à décoller.

En 2017, Azur Drones avait notamment acheté la start-up Skeyetech, à l’origine d’un drone autonome capable d’évoluer sans intervention humaine (décollage, déplacement et retour à son point d’origine sans être piloté par un opérateur), utile notamment pour réaliser des missions de surveillance ou de routines d’inspection sur des sites sensibles. L’engin avait été le premier à obtenir l’autorisation de voler de façon autonomisée par la Direction générale de l’aviation civile (DGAC), permettant le survol de sites privés, de nuit comme de jour. Cette même année, Azur drones avait aussi racheté le constructeur de drones civils Flying Eye - finalement ressorti de son giron en 2019 - et Air City Diagnostic, spécialisé dans la détection de fluides thermiques et la surveillance des installations sensibles.

L’entreprise, qui compte parmi ses clients TotalEnergies, ArcelorMittal, BASF ou Orano, ne dispose plus aujourd’hui que d’une quarantaine de collaborateurs contre une soixantaine en 2018.