L'abonnement à l'Informé est à usage individuel
Un autre appareil utilise actuellement votre compte
Continuer la lectureMaintenance aéronautique : Ardian en passe de céder Revima
En fin d’année dernière, le fonds de la place Vendôme avait mis en vente sa participation majoritaire dans ce leader des trains d’atterrissage.
Ardian est proche de parvenir à ses fins chez Revima. La firme d’investissement de la place Vendôme cherchait depuis des mois à céder sa participation majoritaire au sein du grand spécialiste de la maintenance aéronautique, comme l’avait déjà écrit l’Informé. Selon nos informations, elle est en passe de toucher au but avec le fonds souverain émirati Mubadala et avec Tikehau. Les parties se sont en effet entendues sur une valeur des titres de 500 millions d’euros, portant la valorisation du groupe à environ 680 millions d’euros (montant à rapprocher des quelque 300 millions d’euros retenus à l’entrée d’Ardian en 2019). « Un certain nombre de points doivent néanmoins encore être réglés avant que le contrat d’acquisition ne soit signé », souffle un proche du dossier. Présenté comme le favori du processus de vente piloté par la banque américaine Jefferies, Mubadala s’était positionné avec un objectif : renforcer sa filiale de maintenance aéronautique Sanad. Conseillé par Lazard, et initialement plutôt en concurrence avec d’autres acteurs industriels du secteur, il a vu Tikehau revenir dans la dernière ligne droite des enchères. Mais au lieu de contribuer à une inflation du prix, les deux fonds ont fini par s’allier.
En cédant Revima, Ardian va pouvoir doubler sa mise, sachant qu’elle y a investi 170 millions d’euros avec son fonds Buy-Out VI, dédié aux opérations de LBO « large cap ». Mais cette participation lui aura valu quelques sueurs froides. Comme toute la filière aéronautique, Revima a été frappée de plein fouet par la paralysie du trafic aérien mondial du Covid-19. Le chiffre d’affaires avait chuté de 40 % en 2020, à moins de 200 millions d’euros contre 310 millions d’euros l’année précédente. Tout en s’appuyant sur du chômage partiel et des Prêts garantis par l’État, elle avait toutefois limité les frais grâce à deux leviers : la meilleure résistance du fret et la réglementation qui oblige les compagnies à réviser les trains d’atterrissage de leurs engins tous les dix ans, ce qui n’est pas le cas des turbines auxiliaires, les « APUs », l’autre grande spécialité de Revima). Cet épisode est désormais de l’histoire ancienne, le trafic aérien étant revenu plus qu’à la normale. En 2024, le chiffre d’affaires s’élevait à 426 millions d’euros. Son Ebitda, qui atteignait 30 millions d’euros à l’arrivée d’Ardian, tournerait aujourd’hui aux alentours des 70 millions d’euros.
Cette cession tombe à point nommé pour Ardian, qui a besoin de renvoyer des capitaux aux investisseurs de ses fonds pour accélérer la levée de son nouveau véhicule Ardian BuyOut VIII. Celui-ci est le dernier-né de sa gamme dédiée aux plus grandes opérations de LBO et cherche environ 7 milliards d’euros (en comptant 2 milliards de promesses de co-investissements qu’auraient vocation à faire ses souscripteurs directement au capital des futures participations). Pour une valorisation d’un peu plus de 4 milliards, le gérant a aussi récemment revendu au fonds américain Apollo sa participation majoritaire dans Prosol, l’entreprise qui anime les rayons fruits et légumes des magasins Grand Frais. Une sortie partielle du capital du producteur de pâtes prêtes à cuire Cerelia est également attendue, des discussions avancées avec le belge Sofina ayant été amorcées en janvier, comme l’avait révélé L’Informé.