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Industrie

Les contrats entre Sopra Steria et l’Armée dans le viseur de la Cour des comptes

Le logiciel de maintenance des équipements aéronautiques Brasidas est dans le collimateur.

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Nouvelle avarie en vol pour les contrats militaires de Sopra Steria. Selon nos informations, la Cour des comptes s’apprête à passer au crible les programmes confiés à l’entreprise par le ministère des armées, et notamment le contrat de 14 millions d’euros attribué en février 2021 pour déployer Brasidas. Ce système d’information devait initialement permettre de regrouper, au sein d’une plateforme unique, l’ensemble des données de maintenance des différentes flottes d’aéronefs. Et ce afin d’améliorer la disponibilité des avions, hélicoptères et drones des armées françaises, jugée insuffisante par… le Palais Cambon.

Mais les choses ne se sont pas passées comme prévu. Toujours selon nos sources, la générale cinq étoiles Monique Legrand-Larroche, inspectrice générale des armées (IGA) et ancienne directrice de la maintenance aéronautique (DMAé), récemment invitée par le directeur général adjoint de Sopra Steria Laurent Giovachini à s’exprimer devant les équipes du groupe, s’est montrée cinglante sur la qualité de l’exécution du contrat par l’entreprise – et son partenaire 2MoRO Solutions.

Un bilan sévère selon certains, plutôt tentés d’incriminer le flottement stratégique du ministère. Car « le projet Brasidas a récemment évolué dans sa conception d’ensemble, a indiqué la Commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées du Sénat dans un avis déposé fin novembre. Compte tenu des capacités des systèmes d’information (SI) qui se développent dans l’industrie à la faveur des contrats verticalisés, Brasidas a vocation à devenir un « chapeau » pour ces différents SI (Dassault, Thales...). »

Cette évolution n’est pas sans rappeler celle d’Artemis.IA, future plateforme de traitement de données en masse de la Direction du renseignement militaire (DRM) confiée à Atos et Thales, dont Sopra Steria est sous-traitant avec Capgemini. Initialement pensée comme la plateforme unique de big data des armées, Artemis.IA a évolué vers un « bac à sable » devant intégrer de multiples briques logicielles développées par d’autres acteurs. Avec un certain nombre d’incertitudes à la clé pour ce projet qui consommera 123 millions d’euros d’ici 2026.

Comme déjà dévoilé par l’Informé (lire ici), Sopra Steria développe également avec Thales le Système d’information des armées (SIA), lequel a sévèrement dysfonctionné lors de l’exercice militaire BIA 23 qui s’est déroulé du 13 novembre au 8 décembre 2023 – au point que Balard réfléchit désormais à une solution de repli. Ce programme, censé absorber quelque 364 millions d’euros d’ici à 2026, devrait également intéresser la Cour des comptes.

Contactés, la Cour des Comptes ne nous a pas répondu et Sopra Steria n’a pas souhaité faire de commentaires.