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Industrie

Drones, caméras, bouées acoustiques… Darmanin prépare un arsenal anti-migrants pour Mayotte

Le ministère de l’Intérieur mise sur des solutions technologiques pour endiguer l’immigration en provenance des Comores.

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CHAFION MADI / AFP

Gérald Darmanin se veut déterminé à bloquer le flux des « kwassa-kwassa » vers Mayotte, des canots qui « pêchent peu » mais « amènent du Comorien », selon Emmanuel Macron. Après avoir annoncé le 11 février la mise en place d’un « rideau de fer maritime », le ministère de l’Intérieur commence à solliciter les industriels français de la sécurité pour équiper l’île en technologies de surveillance de la frontière. « La sécurisation des frontières maritimes est un enjeu majeur pour la protection des territoires insulaires et en particulier celles de Mayotte, indique un document consulté par l’Informé. Dans le cadre du programme Frontière Intelligente du ministère de l’Intérieur (...)  la base de connaissance AQUILA (...) vise à regrouper l’arsenal des solutions les plus avancées et éprouvées, s’appuyant sur des innovations technologiques pour renforcer la lutte contre l’immigration clandestine. »

Tout en haut de la liste figurent des drones aériens de surveillance maritime, à déployer depuis différentes plateformes en mer – barges, intercepteurs, vedettes de la Gendarmerie Maritime – ou à terre. Une commande qui pourrait faire les affaires de l’entreprise occitane Diodon. Début 2023 à Mayotte, le ministère de l’intérieur avait déjà testé ses drones capables de se déplacer dans la mer comme dans les airs. Contacté par l’Informé, le norvégien Nordic Unmanned, qui déploie en France les drones hélicoptères de l’autrichien Schiebel à des fins de surveillance maritime, se dit également intéressé. Beauvau pourrait également se tourner vers d’autres PME comme Novadem ou Elistair, habituées à travailler avec les forces de sécurité.

Pour mieux voir, le ministère de l’intérieur se renseigne sur les caméras mobiles de surveillance terrestre, autonomes en énergie et capables de détecter les mouvements de véhicules et de personnes, mais aussi sur les jumelles de vision nocturne adaptées à l’environnement maritime et tropical. HGH, déjà présent à la frontière franco-britannique, pourrait par exemple fournir les caméras, Exosens (Photonis) et Safran les jumelles – et enfin Thales les deux.

Pour mieux entendre, la préfecture de Mayotte mise sur des bouées autonomes équipées de capteurs de détection acoustique par hydrophones. Peu d’entreprises françaises sont présentes sur ce segment. La Direction générale de l’armement a conduit à l’été 2022 des essais avec des démonstrateurs des SonoFlash de Thales. La société bretonne RTSYS, également active sur ce segment, indique à l’Informé que « les spécifications [lui] ont paru un peu trop pointues pour se positionner. »

Afin d’orchestrer la partition commune de ces différents capteurs, un centre de commandement et de contrôle (C2) dédié à la surveillance maritime sera déployé. Parmi les fournisseurs de solutions figurent CS Group (filiale de Sopra Steria), Nexeya (filiale de l’allemand Hensoldt), Capgemini (qui travaille déjà avec les douanes), Atos, Airbus et Thales.

Enfin, Beauvau aura besoin de routeurs embarqués (3G, 4G, LTE, satellitaire) pour assurer la connectivité internet partout, d’un serveur de données cartographiant les environs et les fonds marins, d’un logiciel de gestion de maintenance assistée par ordinateur (GMAO) et de soutien logistique intégré (SLI), de balises de géolocalisation destinées à distinguer les pêcheurs des passeurs, ainsi que d’une plateforme flottante « écologique » pour amarrer les intercepteurs.