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Industrie

Laurent Collet-Billon nommé médiateur pour sauver le projet SCAF

L’ancien délégué général pour l’armement, 75 ans, est en première ligne pour tenter de sauver le projet d’avion de combat européen, alors que la France et l’Allemagne se sont donné 30 jours pour résoudre leurs désaccords politiques et industriels.

Maquette de l’avion de combat européen SCAF
Maquette de l’avion de combat européen SCAF THOMAS SAMSON / AFP

L’opération de la dernière chance ? Selon nos informations, Laurent Collet-Billon, délégué général pour l’armement de 2008 à 2017, a été choisi par l’Élysée pour occuper la fonction de médiateur sur le projet SCAF (système de combat d’avion du futur), le futur avion de combat européen notamment développé par Dassault et Airbus. L’Allemagne a elle aussi désigné un « casque bleu », dont l’identité n’est pas encore connue. Contactés, Laurent Collet-Billon, l’Élysée et le ministère des armées n’ont pas réagi.

« Chaque nation a nommé un négociateur sur impulsion des chefs d’État, pour espérer aboutir à un accord de la dernière chance », indique une source proche du dossier. « C’est une mission impossible, cingle un cadre de l’industrie de défense. Laurent Collet-Billon ne dispose d’aucun levier sur les protagonistes. C’est en quelque sorte une dernière tentative pour retarder l’inévitable. »

L’ex-DGA hérite en effet d’une situation particulièrement tendue et complexe, voire désespérée. Si Emmanuel Macron a appelé à une médiation « calme, respectueuse pour trouver (...) les voies de convergence » affirmant que le « cap stratégique est clair et (…) fait consensus entre toutes les parties prenantes », la réalité est différente. Les 30 jours que se sont donnés l’Allemagne et la France pour sauver le SCAF pourraient bien en sonner le glas.

Si les gouvernements jouent l’apaisement après les tensions des derniers mois – le chancelier allemand déclarait en février que Berlin n’avait pas besoin du même avion de combat que Paris –, on ne peut en dire autant des deux principaux industriels. Dassault, côté français, et Airbus, côté allemand et espagnol, restent à couteaux tirés concernant le pilotage du projet lancé en 2017.

Thomas Pretzl, récemment élu à la tête du comité d’entreprise d’Airbus en Allemagne, a appelé à enterrer le projet SCAF, selon Opex360 (lire ici). Une position partagée par Michael Schoellhorn, PDG d’Airbus Defence & Space, ainsi qu’une partie de l’establishment industriel et politique allemand, précise le média. « La médiation initiée par le chancelier Merz doit être la dernière étape », a déclaré Pretzl.

« Il est temps que le gouvernement fédéral prenne enfin une décision claire, mette fin au projet franco-allemand d’avion de chasse et lance son propre programme. Ce que nous n’accepterons jamais, c’est qu’Airbus soit un simple fournisseur et que nos puissants partenaires de l’industrie allemande soient écartés de ce projet. » De son côté, Éric Trappier, PDG de Dassault, a assuré qu’« Airbus ne veut plus travailler avec Dassault » et que « le projet est mort » si son partenaire ne consent pas à changer d’attitude.