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Continuer la lectureThales et Sopra Steria visent le futur logiciel de commandement des armées
Offre professionnelleLes défaillances du précédent logiciel développé par les deux entreprises avaient contraint l’état-major à le remplacer en catastrophe. Les armées recherchent désormais une solution éprouvée… et les deux Français croient en leur chance.
Bis repetita ? Selon nos informations, en dépit des dysfonctionnements rencontrés par leur logiciel de commandement et de contrôle SIA C2, Thales et Sopra Steria se préparent à candidater à C2NG (pour « C2 nouvelle génération »), le marché lancé par l’état-major pour lui succéder. Les défaillances du...
Dans cette optique, une première solution consisterait, pour l’EMA, à poursuivre avec le SitaWare développé par le danois Systematic. Celui-ci présente, selon nos informations, l’avantage de pouvoir s’interfacer avec la plateforme d’IA militaire Maven Smart System (MSS), développée pour l’OTAN par Palantir. En revanche, il pourrait être jugé insuffisamment « souverain » pour la France.
Thales et Sopra rétrogradés au rôle d’intégrateur ?
Un second scénario se dessine, d’après les sources sondées par L’Informé. L’état-major attribue notamment l’échec du SIA C2 au fait d’avoir confié à Thales et Sopra Steria le développement de toutes les applications du système. Il est donc envisagé d’intégrer des « briques » logicielles développées par d’autres sociétés, plus spécialisées dans des domaines spécifiques du C2, tandis que les deux géants du numérique (ou d’autres prestataires) se cantonneraient à un rôle d’intégrateur.
« Thales et Sopra Steria seraient parties prenantes, avec un périmètre assez large autour des opérations, et vocation à y agréger l’ensemble des briques logicielles C2 actuelles et futures, indique un troisième acteur du secteur. La sélection, la validation et l’intégration des briques devraient prendre, comme d’habitude, beaucoup de temps à se concrétiser. »
Toutefois, Thales et son vice-président exécutif chargé des systèmes de communication et d’information, Christophe Salomon, réfléchissent encore à la meilleure façon de se positionner. Le géant de la défense devrait-il candidater en propre - malgré les mauvais souvenirs - ou plutôt via son entité dédiée à l’intelligence artificielle, cortAIx ? La question n’a pas encore été tranchée. Contactés par L’Informé, Thales et Sopra Steria n’ont pas souhaité s’exprimer.
Concernant les briques logicielles, le français Comand AI, fondé en 2023 par l’ex-Naval Group Loïc Mougeolle et l’ex-Snapchat Antoine Chassang, se porte déjà volontaire, selon nos informations. Sa solution Prevail intègre des fonctionnalités de planification tactique, de retour d’expérience (retex), ainsi que d’analyse du terrain et des plans d’action. Par ailleurs, l’entreprise a déjà collaboré avec Systematic dans le cadre d’un projet développé pour l’armée allemande.
« Nous sommes intéressés par ce contrat et le renouvellement du C2 de l’armée de terre par des solutions innovantes et souveraines, confirme Comand AI auprès de l’Informé. Nous sommes en train de bâtir des produits capables de s’inscrire dans cette logique, tout en recherchant le ou les bons partenaires pour répondre aux besoins de ce contrat. »
La startup AEGIR, créée en 2023 par les ingénieurs et réservistes Nicolas Bordet et Mikael Volut, souhaite elle aussi apporter sa brique (logicielle) à l’édifice C2NG, selon nos sources. Son logiciel OCTOPUS – expérimenté lors de l’exercice militaire Orion 2026 dans une application orientée guerre électronique – fusionne des données hétéroclites afin de fournir une « vision tactique augmentée » et une aide à la décision concernant les manœuvres à effectuer. « Je vous confirme que nous faisons le nécessaire pour nous positionner sur le futur C2NG », assume l’entreprise auprès de L’Informé.
La société orléanaise Impact, fondée en 2012 par Stéphane Juigné – ex-chef de la cellule informatique du Commando parachutiste de l’air no 10 (CPA 10) – pourrait aussi proposer sa Delta Suite. Combinant un système d’information géographique (SIG) à des capacités de communication et de gestion des capteurs embarqués, elle est déjà utilisée par le Commandement des opérations spéciales (COS). Contacté, Impact n’a pas répondu à nos sollicitations. Sondés par L’Informé, plusieurs experts jugent toutefois que l’entreprise aurait ici un coup à jouer.
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