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Industrie

Cosmétique : Anjac cherche un fonds prêt à mettre 300 millions sur la table

Contrôlé par la famille de son dirigeant, ce sous-traitant industriel de 3 000 salariés est en quête d’un gros actionnaire minoritaire pour l’aider dans ses acquisitions.

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Chez Anjac Health & Beauty, on aime le parfum du secret. Capable de fabriquer du maquillage ou du gel douche aussi bien que des compléments alimentaires et des produits de santé à formulation complexe, ce sous-traitant de plus de 3 000 salariés évolue dans l’ombre de groupes cosmétiques et pharmaceutiques dont il ne dévoile pas l’identité. En 2020, la famille du dirigeant Aurélien Chaufour, qui contrôle la société, avait choisi de ne pas communiquer sur l’arrivée comme actionnaires minoritaires du fonds Andera Partners, de Bpifrance et d’Idia, une structure affiliée à la galaxie Crédit Agricole... Et c’est une nouvelle fois dans la plus grande des discrétions qu’elle se prépare, selon nos informations, à une ouverture du capital d’une envergure beaucoup plus importante. « Parler des projets capitalistiques d’Anjac, c’est courir le risque d’un démenti même si l’information est vraie ! C’est un vrai tabou », avertit un bon connaisseur du sous-traitant. Sans surprise, l’industriel n’a pas donné suite aux sollicitations de l’Informé.

Selon plusieurs sources, les banques d’affaires Rothschild & Co et Transactions & Cie ont effectivement été chargées de trouver des investisseurs désireux de prendre une grosse participation minoritaire… Ces derniers devraient être prêts à miser dans l’opération environ 300 millions d’euros, voire même davantage. Il s’agirait d’offrir une porte de sortie aux financiers actuellement au capital… Mais pas seulement. Car Anjac cherche surtout des investisseurs capables de l’accompagner dans sa stratégie de croissance externe assez offensive. L’entreprise reste à l’affût de bonnes opportunités de rachats hors d’Europe, comme il l’a prouvé en Amérique du Nord en 2022. Il a d’abord déboursé près de 230 millions d’euros dans le rachat d’un fabricant américain qui fournit entre autres des gels douche et des crèmes solaires. La même année, il s’est offert le canadien Pillar5, un fournisseur de produits ophtalmiques. Ce « moment américain » dans la stratégie d’expansion d’Anjac lui a permis d’accomplir un grand bond en avant, en atteignant les 650 millions d’euros de chiffre d’affaires l’an passé, loin des 400 millions d’euros de 2020. Son Ebitda serait aujourd’hui compris entre 80 et 100 millions d’euros.

Classée 240e fortune française par Challenges, la famille Chaufour s’est d’abord fait un nom dans la distribution d’outillages et d’appareils de chauffage et de climatisation pour le secteur du bâtiment, avant de se réorienter Anjac vers les produits d’hygiène et de soin à la fin des années 2000. L’entreprise a ensuite choisi de devenir aussi un acteur qui compte dans la santé, en particulier avec la reprise des Laboratoires Chemineau en 2013, un fabricant de formes liquides et semi-liquides travaillant pour des Big pharmas comme Pfizer, GSK ou Sanofi. Aujourd’hui à la tête de 14 filiales et de 22 sites dans le monde (dix-sept en France, deux en Espagne, deux au Canada, un aux Etats-Unis), Anjac fait partie de ces industriels qui ont bénéficié depuis les années 1990 du recours grandissant à la sous-traitance dans la cosmétique et la pharmacie. Dans le secteur, on les appelle CDMO (Contract development & manufacturing organizations).