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Continuer la lectureAgroalimentaire : la famille Roquette prête à ouvrir le capital de son empire
Offre professionnelleLe très discret groupe nordiste aux 5 milliards d’euros de chiffre d’affaires, spécialisé dans les ingrédients naturels, espère attirer un investisseur minoritaire.
Une petite révolution est en préparation du côté de Lestrem, près de Béthune (Pas-de-Calais). Installé ici depuis 1933, Roquette, le géant français des ingrédients d’origine végétale aux 11 000 salariés, appartient à 100 % à la famille Roquette. Classée 40e fortune française par le magazine Challenges, cette dynastie entrepreneuriale très secrète n’a jamais ouvert son capital à des actionnaires extérieurs. Mais cela pourrait changer cette année. Selon nos informations, le groupe travaille activement à l’arrivée d’un investisseur prêt à prendre une participation minoritaire, dans le cadre d’une levée de fonds.
Deux banques d’affaires aident le nordiste dans ses projets. On trouve d’une part BNP Paribas, un établissement historiquement proche de Roquette pour son financement. L’un des banquiers les plus éminents de la maison, Thierry Varène, aujourd’hui responsable de la grande clientèle, est personnellement impliqué. On le sait proche d’Edouard Roquette, président de l’industriel et représentant de la troisième génération du clan. Rothschild & Co est également à la manœuvre dans cette opération, représenté ici par son associé-gérant Charles Mussat, grand spécialiste de l’agroalimentaire.
Le processus d’enchères est en cours. Les prétendants avaient jusqu’à fin mars pour remettre des offres non engageantes, un second tour de négociations devrait donc s’ouvrir très prochainement. De grands fonds de private equity capables de rester actionnaire sur le long terme auraient été invités, de même que des fonds souverains. Roquette aurait l’idée de lever une enveloppe proche des 700 millions d’euros, même si certaines sources estiment que le montant peut évoluer sensiblement au gré des discussions.
L’opération est ardemment poussée par celui qui a été nommé directeur général de Roquette l’an passé, Thierry Fournier, venu de Saint-Gobain. Si elle doit aider l’industriel à financer certains projets de croissance, l’autre objectif serait d’alléger l’endettement du groupe, dont le montant net s’élevait à 2,4 milliards d’euros fin 2025. Soit 3,5 fois l’Ebitda courant, contre seulement 0,44 fois encore un an plus tôt. Cette poussée inédite de l’endettement est liée à l’acquisition d’IFF Pharma pour 2,8 milliards de dollars l’an passé. Un rachat financé via un recours massif aux marchés obligataires, qui a quelque peu transformé la physionomie de Roquette.
Historiquement, le groupe nordiste trouve ses principaux débouchés dans l’alimentaire et la nutrition. Mais le marché des produits de commodités, comme l’amidon et ses dérivés, dont Roquette est un grand spécialiste, doit composer avec des surcapacités, une baisse des prix et une forte concurrence venue d’Inde. Sauf que la santé pèse de plus en plus lourd dans l’activité, avec 1,39 milliard d’euros de ventes sur 4,8 milliards de chiffre d’affaires total 2025 (pour un Ebitda courant de 610 millions d’euros). L’acquisition d’IFF Pharma a offert à Roquette l’occasion de se renforcer dans les excipients pharmaceutiques.
Interrogé par l’Informé sur ses projets d’ouverture du capital, le groupe se contente de répondre : « par principe, Roquette ne commente pas les rumeurs ni les spéculations. »
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