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Continuer la lectureActions gratuites : les bonnes affaires du comité exécutif de Thales
Alors que le groupe d’électronique propose des augmentations inférieures à l’inflation à ses salariés de base, ses top managers ont pu profiter du généreux plan attribué en 2020.
Le serrage de ceinture imposé au top management de Thales en 2020 en raison de la crise sanitaire se finit bien pour les intéressés. Il y a quatre ans, Covid oblige, les augmentations salariales avaient été limitées mais compensées par un généreux plan d’attribution de titres du groupe : 957 cadres s’étaient vus octroyer 375 235 actions pour l’occasion, disponibles en 2024 sous réserve que les objectifs de performance aient été atteints pendant la période. Ce qui a été le cas : Thales a enregistré des résultats records, avec un EBIT compris entre 8 % et 11,6 % du chiffre d’affaires, sur les quatre années de la période. Résultat ? Onze membres du comité exécutif, parmi les plus gros bénéficiaires du plan, viennent de toucher le pactole, au terme de la période prévue.
Selon les déclarations publiées par l’Autorité des marchés financiers (AMF), les heureux dirigeants ont reçu l’équivalent de 7 millions d’euros, le cours de Thales caracolant à 146 euros à l’échéance. En tête des gagnants, Philippe Vallée, directeur général adjoint, cybersécurité et identité numérique (l’ex-Gemalto), a engrangé, avec 7 500 actions, l’équivalent de 1,095 million d’euros. Isabelle Simon, la secrétaire générale du groupe et Pascal Bouchiat, directeur général, finance et systèmes d’information, arrivent troisième ex aequo, avec 937 320 euros. La patronne du développement international, Pascale Sourisse, le directeur général délégué stratégie, recherche et technologie Philippe Keryer suivent avec 781 000 euros. Tandis que Yannick Assouad, à la tête de la division avionique, Hervé Derrey (espace) et Philippe Duhamel (systèmes de mission de défense) ont « reçu » pour leur part 546 770 euros. La fin du peloton est assurée par le directeur des systèmes d’information et communication sécurisés Christophe Salomon (292 000 euros), celui des systèmes terrestres et aériens Hervé Dammann (234 000 euros) et la directrice de la communication Peggy Nahmany (146 000 euros).
De quoi faire grincer les dents en interne alors que les premières discussions sur les négociations annuelles obligatoires (NAO) entre les directions des entités et les partenaires sociaux s’annoncent d’ores et déjà serrées. Selon des sources syndicales, les propositions avancées dans les différentes branches du groupe se situent pour l’instant aux alentours de 1,5 % de hausse de la masse salariale, oscillant entre 0 % (chez Thales Alenia Space) et 1,6 % chez DMS (Defence Mission Systems).