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Immobilier

Zenitude, HW, Stella… les candidats à la reprise de Réside Etudes Seniors peaufinent leurs offres

Le tribunal de commerce de Paris se prononcera le 26 novembre sur le sort des 73 résidences seniors du groupe. Les derniers prétendants tentent de combiner leurs dossiers.

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Le suspens continue autour du sort de Réside Etudes Seniors (RES), en redressement judiciaire depuis juin dernier. Les milliers de résidents et bailleurs des 73 résidences seniors du groupe ainsi que leurs 1 200 salariés vont devoir patienter jusqu’au 26 novembre pour savoir qui reprendra les différents sites aujourd’hui exploités sous les enseignes Les Girandières et Victoria Palazzo. C’est à cette date que le tribunal de commerce de Paris tranchera entre les repreneurs venus présenter leurs offres le 4 novembre, lors d’une longue audience parfois mouvementée qui s’est tenue à huis clos. Le spectre d’une liquidation est clairement en train de s’éloigner. Mais si une dizaine de candidats se sont déclarés, seule une poignée peut encore prétendre avoir gain de cause. Parmi eux, on trouve le groupe hôtelier alsacien Zenitude, l’investisseur immobilier HW Capital (associé à des entrepreneurs du secteur), l’exploitant des résidences Stella et celui de l’enseigne Les Jasmins. Selon nos informations, les deux premiers travaillent - chacun de leur côté - à une combinaison avec le troisième (Stella). Le quatrième, Les Jasmins, semble lui en dehors des pourparlers. « Les organes de procédure collective privilégient la reprise d’un maximum de sites, si ce n’est la totalité, commente l’un des candidats. Ils ont donc incité les repreneurs à s’entendre et à aménager leurs offres pour qu’elles soient complémentaires les unes et des autres. »

Piloté par deux frères, Thomas et Romain Lubrano, Zenitude était l’un des deux repreneurs qui, dans la dernière ligne droite, s’étaient engagés à récupérer le plus grand nombre de résidences. Le groupe hôtelier - 61 millions de chiffre d’affaires 2023 - ciblait dans son offre définitive 65 sites de RES et un peu moins de 1 100 salariés. Son dossier prévoyait la mise en place d’un modèle s’inspirant de l’autogestion, où les propriétaires bailleurs formeraient des sociétés afin de récupérer directement l’exploitation des sites… tout en confiant un mandat de gestion à Zenitude en vertu duquel ce dernier préleverait une commission de 8 % de leur chiffre d’affaires.

Quelques jours avant l’audience, Zenitude s’était rapproché de deux autres petits repreneurs, Aquarelia et Dom’Hestia, qui ne briguaient que quelques établissements, en vue de présenter une solution de reprise sur tout le périmètre de RES. Las, ces deux derniers ont finalement jeté l’éponge le 4 novembre : ils n’ont pas souhaité lever les conditions suspensives contenues dans leur offre, alors que Zenitude n’en a pas gardé dans sa proposition finale.

Zenitude a depuis engagé des discussions avec Stella - un petit acteur des résidences services créé il y a sept ans et qui fait état de 25 millions de chiffre d’affaires. L’offre de ce dernier portait sur 36 sites en exploitation (plus deux autres qui devraient ouvrir prochainement) avec la reprise de 600 salariés à la clé… Parallèlement, le même Stella a toutefois aussi engagé des négociations avec HW Capital pour proposer une offre concurrente. Cet investisseur immobilier créé par un ancien gérant de Brookfield et de Colony Capital s’est positionné sur le dossier avec trois entrepreneurs, deux anciens dirigeants du numéro un français des résidences services Domitys et un ancien d’Appart’City. L’offre qu’il avait remise avant l’audience ciblait 58 établissements, et HW Capital ne souhaitait pas descendre sous la barre des 50 sites, en cas d’alliance avec un autre candidat…

Si le tribunal encourage les attelages de circonstance, « sa priorité est naturellement de bien s’assurer que les prétendants aient effectivement les financements nécessaires », pointe un avocat. Chaque camp met en avant ses garanties. HW Capital revendique le soutien d’un autre investisseur, Absolute Capital, qui se dit prêt à injecter 10 millions d’euros dans la reprise sous forme de financement obligataire. Stella a déclaré qu’il pouvait s’appuyer sur au moins 4 millions d’euros sous forme de compte courant de la part de l’un de ses actionnaires, une holding contrôlée par le family office d’Alain Milgrom - le patron de l’entreprise textile Solo Group, qui cherche elle aussi à faire entrer un investisseur à son capital. Zenitude, pour sa part, se targue du soutien du groupe américain Choice Hotels, dont il est master franchisé en France depuis janvier. Il a présenté une lettre de soutien émanant de son partenaire, qui se dit prêt à investir de 30 à 40 millions dans les « projets de croissance » de Zenitude, sans beaucoup plus de précisions.

Enfin, le dernier gros prétendant encore en lice, Les Jasmins, semble toujours dans la course. Créé et pilotée par Pascal Cadeau - un ancien de Réside Études ayant pris une part active à la création de l’enseigne Les Girandières - cet exploitant de résidences seniors s’était engagé à reprendre les fonds de commerces de 68 sites, et de dix autres dont l’ouverture est prévue pour 2025 et 2026. Ce candidat ne semblait pas nécessairement désireux de rapprocher son offre de celle d’un autre repreneur le jour de l’audience. Mais sa proposition se heurte à la question du financement : son partenaire SwissAsia n’aurait pas à disposition les fonds nécessaires.

La tentative de « come-back » du patron de Réside Etudes

Le dossier Reside Etudes Seniors aura eu son lot de rebondissements. L’un des derniers exemples ? Philippe Nicolet, le patron et actionnaire majoritaire de Réside Etudes (la maison mère de RES, elle-même sous le coup d’une procédure de sauvegarde), vient encore de tenter un coup de poker. À la toute fin du mois d’octobre, le très contesté entrepreneur a soumis aux administrateurs judiciaires une marque d’intérêt d’un investisseur immobilier prêt à accompagner un plan de continuation pour les résidences seniors, comme l’a relaté Le Monde. Ce gestionnaire d’actifs, a appris l’Informé, s’avère être Freo, un acteur allemand généraliste basé un peu partout en Europe. Mais la tentative de come-back de Philippe Nicolet dans le dossier n’a pas fait mouche en audience… « Son plan a été balayé d’un revers de main, dès lors qu’il est apparu que Freo n’était pas prêt à financer le passif généré par l’impasse dans laquelle se trouve aujourd’hui Réside Etudes », raconte même un témoin de l’audience, qui relate l’ambiance houleuse dans laquelle l’entrepreneur a présenté son plan. Un certain nombre de propriétaires particuliers des appartements de résidences, qui lui reprochent la situation de RES, étaient effectivement présents dans la salle. Contacté, le groupe Freo n’a pas répondu à nos sollicitations.