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Continuer la lectureBHV : le rachat des murs par Brookfield patine
Incapable d’acquérir lui-même le bâtiment comme il s’y était engagé auprès des Galeries Lafayette, l’exploitant SGM avait trouvé un fonds canadien pour le faire à sa place. Mais les négociations se durcissent...
Un mois tout juste après être entré en négociations exclusives avec les Galeries Lafayette en vue de racheter les murs du BHV, le fonds canadien Brookfield Asset Management déchante. D’après nos informations, confirmées de différentes sources, l’investisseur nord-américain, dont l’identité avait été ...
Le deal valorisé à environ 300 millions d’euros devait être finalisé en tout début d’année. La direction du BHV aurait aussi promis de faire une annonce aux équipes du BHV ce 15 janvier… Mais silence radio à date. Après examen approfondi du dossier, le fonds canadien - l’un des plus grands propriétaires immobiliers au monde - aurait été refroidi par les difficultés financières auxquelles doit faire face son futur locataire : la SGM. Il faut dire que l’exploitant, qui a créé la pagaille l’an passé dans les rayons de la rue de Rivoli en multipliant les impayés auprès de ses fournisseurs, n’a pas encore réglé ses problèmes (voir encadré).
La Caisse des dépôts avait déjà jeté l’éponge
Si le deal espéré venait à capoter, les principaux protagonistes se retrouveraient, une nouvelle fois, dans l’impasse… Pour rappel, la Société des grands magasins avait repris l’exploitation du BHV auprès des Galeries Lafayette en novembre 2023. À l’époque, le groupe de Frédéric Merlin s’était aussi engagé auprès du propriétaire à reprendre les murs de l’enseigne. Las, faute de moyens financiers suffisants, cette opération, au départ prévue fin 2024, a été repoussée à plusieurs reprises.
Face à l’impossibilité de boucler seule le deal, la SGM s’était alors résolu à aller chercher des soutiens financiers extérieurs. Mais toujours sans succès. En octobre dernier, la Caisse des dépôts, qui était entrée en négociations exclusives avec l’exploitant pour l’aider à financer les murs, avait déjà jeté l’éponge… En cause : le partenariat annoncé entre le groupe de Frédéric Merlin et l’enseigne chinoise de fast fashion, Shein… « Une entreprise dont le modèle ne correspond pas aux valeurs et à la doctrine d’action de la Banques des territoires », avait précisément justifié la CDC dans un communiqué.
Depuis, la polémique suscitée par ce partenariat n’avait cessé de décrédibiliser la société exploitante du BHV. Au point d’ailleurs, qu’il lui était devenu difficile d’espérer trouver un soutien financier dans l’Hexagone. L’arrivée en fin d’année du fonds canadien Brookfield s’était alors avérée salutaire. Jusqu’ici…
Contactée, la Société des Grands magasins dément tout abandon de la transaction : « Les négociations continuent d’avancer et se concrétisent, selon notre calendrier initial, avec un fonds dont nous ne divulguons pas l’identité à date. » De son côté, la communication du Groupe Lafayette nous a fait savoir ne pas vouloir faire de commentaires. La communication de Brookfield ne nous avait pas répondu au moment de notre publication.
La litanie des impayés se poursuit pour le BHV
L’été dernier, nous indiquions que le BHV croulait sous les plaintes des fournisseurs et prestataires pour retard de paiement. Ces retards étaient mis sur le compte de la transformation de l’entreprise. « À partir de fin septembre, nos nouveaux outils financiers nous permettront d’accélérer ce rythme, avec l’objectif de solder l’intégralité des dettes d’ici fin 2025 », nous indiquait le BHV à l’époque. Un message réaffirmé dans les colonnes de notre confrère LSA le 12 décembre dernier : « L’objectif est de régler toutes les marques d’ici à la fin de l’année et de proposer un paiement quasi instantané en 2026 », expliquait alors le propriétaire du BHV, Frédéric Merlin.
Mais le flot de réclamations pour impayés ne s’est pas tari. Ces dernières semaines, de nouvelles procédures en référé se sont ajoutées à la pile de dossiers. Des fournisseurs de vêtements ou d’accessoires de mode (Garnier Thiebaut, Armor Lux, Hanro…), des spécialistes du matériel de bricolage et de décoration, mais aussi Royal Canin, tous sont venus réclamer leur dû. Par exemple, Bricodeal a ainsi obtenu le règlement à titre provisionnel de plus de 30 000 euros début janvier. Plusieurs prestataires assurant des services de maintenance des équipements ou de communication se sont également manifestés. L’un d’entre eux a encore obtenu le règlement à titre provisionnel d’une facture impayée de plus de 41 000 euros il y a quelques jours. ML.