Immobilier

Sous pression de la Ville, Orange peine à lancer la vente de l’un de ses immeubles historiques à Paris

Offre professionnelle

La municipalité d’Anne Hidalgo fait pression sur l’opérateur pour intégrer des logements sociaux dans ce gigantesque bâtiment de 20 000 mètres carrés situé en plein cœur du Marais.

Le s bureaux d’Orange du 61 rue des Archives dans le Marais à Paris
Le s bureaux d’Orange du 61 rue des Archives dans le Marais à Paris CHAZOUILLERES Guillaume

Les affaires immobilières d’Orange tournent au casse-tête dans le centre de Paris. Le groupe télécom, qui a entrepris depuis plusieurs années de vendre, un à un, ses sites parisiens afin de regrouper ses salariés dans ses bureaux autour de la capitale (Arcueil, Châtillon, Issy-les-Moulineaux, Saint-D...

Fin novembre, les 600 collaborateurs qui travaillaient à cette adresse emblématique, d’où étaient gérés depuis le début du siècle dernier tous les appels vers l’international, ont bien fait leurs cartons vers les locaux de Châtillon. Mais cela ne s’est pas fait sans mal pour la direction du groupe… Suite à la forte mobilisation suscitée par le déménagement, et de longues négociations entamées au printemps 2024 avec l’intersyndicale d’Orange Wholesale, la branche spécialisée dans les solutions de connectivité qui occupait en majorité les lieux, près de 350 personnes ont obtenu de pouvoir rester sur place jusqu’à fin juillet 2026, en flex office. « Par la suite, une trentaine pourra revenir travailler, une fois par semaine, dans une partie des locaux techniques qu’Orange a décidé de conserver », explique un salarié.

Un voeu de la Ville de Paris adopté en juin dernier

Mais il y a plus embêtant encore pour l’opérateur : suite à cette mobilisation, la Ville de Paris a fait part à Orange de son intérêt pour le bâtiment. Dans un vœu voté en juin dernier par le Conseil de Paris, la municipalité a en effet demandé que le groupe entame un dialogue avec la Ville afin que l’immeuble, qui sera laissé vide, puisse, être vendu en prévoyant d’intégrer des logements (avec une part de social), un volet paysager (parc, square…) voire un centre d’hébergement d’urgence. Si la mairie se permet de formuler de telles exigences, c’est qu’elle dispose de plusieurs outils juridiques dans sa manche, notamment la menace d’une éventuelle préemption.

Depuis, d’âpres négociations ont été ouvertes entre les services de la municipalité et les équipes d’Orange pour étudier comment modifier l’usage de ce gigantesque ensemble de bureaux que le groupe avait valorisé autour de 240 millions. « Un morceau de Ville, tel que celui qui est mis en vente, ne pouvait pas passer sous les radars de la mairie, explique à l’Informé Gauthier Caron-Thibault, élu délégué à l’urbanisme pour Paris Centre, le secteur administratif regroupant les quatre premiers arrondissements de la capitale. Nous continuons donc à discuter avec le groupe pour trouver le meilleur équilibre des mètres carrés - entre bureaux et logements - qui seront cédés. »

Les échanges engagés entre les parties pourraient encore prendre plusieurs mois.« Nous espérons arriver à un accord dans le courant de l’année », lâche l’élu. De source interne, le groupe de télécommunications, qui vient par ailleurs de lancer des premiers travaux de remise aux normes, table aussi toujours sur une mise en vente courant 2026… Selon l’accord qui sera trouvé, plusieurs scénarii seront alors possibles. La Ville pourrait acquérir via un de ses bailleurs sociaux, une partie des mètres carrés pour en faire du logement social, le reste de la surface étant cédé à un acteur tiers. Ce qui ne serait pas neutre pour Orange, le prix du mètre carré de l’habitat social étant de facto moins élevé que celui des bureaux. L’ensemble pourrait aussi être directement proposé sur le marché, en intégrant au sein de l’appel d’offres les souhaits de transformation négociés par la Ville. Ce qui là encore, selon l’étendue des contraintes imposées, aurait un impact sur le prix de vente initialement envisagé. Évidemment, un changement de majorité municipale après l’élection de mars prochain pourrait rebattre les cartes de cette négociation.

Contacté, Orange n’a pas souhaité faire de commentaire.

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