L'abonnement à l'Informé est à usage individuel
Un autre appareil utilise actuellement votre compte
Continuer la lectureNexity tombe dans le rouge, le bonus de sa patronne bondit
Sauf véto des actionnaires du premier promoteur français en assemblée générale, la rémunération de Véronique Bédague et de son numéro 2, Jean-Claude Bassien, devrait fortement grimper. Alors qu’il traverse une profonde crise.
Alors qu’il traverse l’une des pires crises de son histoire, le promoteur immobilier Nexity s’apprête à gratifier sa direction de jolis bonus. Selon nos informations, le comité de rémunération du conseil d’administration du groupe a proposé d’octroyer à sa PDG, Véronique Bédague, 106 % de sa prime variable (sur un maximum possible de 108 %) au titre de l’exercice 2024. Soit 685 750 euros bruts. Au global, la rémunération de la patronne - dont le revenu fixe annuel est de 750 000 euros - pourrait ainsi atteindre 1,43 million d’euros pour l’année 2025. Ce qui constituerait une substantielle augmentation pour la présidente du premier promoteur français : l’an passé, cette dernière avait en effet bénéficié d’une prime variable de 227 500 euros, établissant sa rémunération globale à 977 500 euros.
Véronique Bédague n’est pas la seule à être ainsi récompensée. Son numéro 2, Jean-Claude Bassien, directeur général délégué de Nexity, pourrait lui aussi percevoir, cette année, une rémunération variable de 422 000 euros, correspondant là encore à 106 % de sa prime. Un variable qui, cumulé à son salaire fixe, lui offrirait une enveloppe globale de 922 000 euros bruts pour l’année 2025. Là encore, une belle culbute par rapport 2024 : celui-ci s’était vu proposer un variable de 140 000 euros, lui offrant une rémunération globale de 640 000 euros sur l’année. Pour être entérinés, ces bonus devront encore être validés par l’assemblée générale de Nexity qui se tiendra le 22 mai prochain.
En attendant, ces augmentations qui surviennent à un moment où le groupe - plombé par la crise - a entrepris un plan de restructuration à tous les étages, ne manquent pas de secouer les organisations syndicales. « Ces hausses de variables sont tout bonnement choquantes, dénonce Emmanuel Brie, délégué syndical à la CFDT. Elles le sont d’autant plus que les critères de notation ont été modifiés de manière à favoriser les dirigeants. » Selon l’élu, le résultat opérationnel, en net recul, ne pèse plus que pour 20 % de la notation contre 50 % l’an passé. « De même, le niveau d’endettement est devenu un critère de performance, ce qu’il n’était pas auparavant », explique-t-il.
Depuis un an, le premier promoteur français a opéré un vaste plan de cessions (vente de l’activité de syndic à Bridgepoint, de la branche de gestion d’actifs tertiaires à Crédit agricole immobilier, ou encore de ses participations dans le portail Bien’ici au profit du groupe Arche…) dont l’essentiel du produit (435 millions d’euros) a été alloué à une réduction de la dette. L’endettement net du groupe a ainsi chuté de 44 % sur un an, à 474 millions d’euros fin 2024. Une « performance » qui a donc impacté positivement le bonus de Véronique Bédague et Jean-Claude Bassien.
Sauf que Nexity, qui entend se recentrer sur son cœur de métier - la promotion immobilière - est loin d’être sorti de l’ornière. L’an passé, le promoteur a enregistré un chiffre d’affaires de 3,5 milliards d’euros (en recul de 17 %), pour une perte nette de 62 millions d’euros… contre un bénéfice de 19 millions un an plus tôt. Le groupe ne proposera pas de dividendes au titre de l’exercice 2024. Il vient, aussi et surtout, de finaliser un plan social ayant conduit aux départs de 500 salariés, dont 227 contraints. « On sort d’un PSE et d’une négociation salariale que l’on considère comme insatisfaisante. Il est révoltant qu’un groupe qui a demandé tant d’efforts à ses salariés, puisse récompenser ainsi ses dirigeants », appuie Laurent Alcini, représentant de la CGT au sein du promoteur. La prochaine assemblée générale promet d’être agitée.
Contactée, la direction de la communication de Nexity n’a pas fait de commentaires sur ces informations.