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Continuer la lectureMal-être, stress… la direction de 3F (Action Logement) interpellée sur les conditions de travail
Les agences franciliennes de ce bailleur social de premier plan, filiale d’Action Logement, font face à la fronde des syndicats suite à la remise d’un rapport sur les risques psychosociaux.
Depuis quelques jours, la température est montée d’un cran dans les bureaux du bailleur social 3F. Réunis en intersyndicale (CFE-CGC, CGT, FO, Unsa, CFTC), les représentants du personnel Île-de-France de cette filiale d’Action Logement viennent d’adresser un courrier commun à la direction afin de l’alerter sur la dégradation des conditions de travail. Cette entreprise compte parmi les principaux bailleurs sociaux du pays avec 134 000 logements gérés en Île-de-France et plus de 300 000 sur toute la France. Envoyée à la directrice Valérie Fournier, la lettre dont l’Informé a pris connaissance, cible précisément la situation des agences de Paris, des Yvelines, de l’Essonne, des Hauts-de-Seine, de la Seine-Saint-Denis, du Val-de-Marne, du Val-d’Oise et de Seine-et-Marne, ainsi que la Direction de la construction Île-de-France (DCIF). L’alerte des syndicats fait suite à la restitution d’une enquête indépendante portant sur les risques psychosociaux commandée en début d’année au cabinet Ethos.
Les résultats de cette étude fouillée de 400 pages, reposant sur les retours par email de quelque 1 400 salariés sur 1 996 sondés - et d’une centaine d’entretiens -, ont éveillé l’attention des élus sur plusieurs points, « traduisant un mal-être marqué et des dysfonctionnements organisationnels », selon le courrier adressé à la directrice générale d’Immobilière 3F. 58 % de la population travaillant chez 3F Île-de-France se dit ainsi touchée par « des symptômes de démotivation ou de démobilisation », alertent les organisations syndicales. Et d’ajouter : 24 % des collaborateurs sont « même sur le point de penser que la solution à l’impossibilité de faire face à la charge mentale serait de quitter l’entreprise ». « Le fait que l’inquiétude soit ainsi généralisée traduit un stress que l’on ne peut ignorer », souligne ainsi un élu francilien de 3F.
Les métiers de la gestion locative particulièrement touchés
Dans le détail, l’enquête du cabinet Ethos, que l’Informé a aussi pu consulter, met notamment en exergue une tension sur les effectifs et une charge de travail pesante sur plusieurs professions. « Les métiers de la gestion locative - gestion des impayés, commercial, compatibilité… - sont parmi les plus touchés par ces difficultés auxquelles s’ajoutent des problèmes d’absences de longue durée non remplacées », pointe une source syndicale. Une autre élue met en avant la situation tendue des assistant(e)s de construction qui gèrent les dossiers administratifs des nouveaux programmes immobiliers au sein de la DCIF : « Il n’y a désormais plus qu’une personne pour s’occuper des dossiers de deux ou trois chefs de projets. »
Dans leur courrier commun, les syndicats dénoncent aussi une « usure professionnelle » des salariés liée à des « pratiques managériales stressantes ainsi qu’à une exposition répétée à des situations difficiles. » D’après l’enquête sur les risques psychosociaux, des problématiques de management auraient ainsi été identifiées au sein des agences parisiennes, de Seine-et-Marne, du Val-de-Marne et de la DCIF. « Ces directions souffrent de problèmes de management toxiques de la part de certains responsables », explique encore un élu.
Un CSE extraordinaire est désormais prévu le 29 octobre. À l’ordre du jour : la restitution du rapport d’expertise.
Contactée, la direction du groupe 3F nous a répondu : « Dans un souci de respect des instances représentatives du personnel et conformément à nos engagements en matière de dialogue social, nous ne sommes pas en mesure de nous exprimer avant la tenue du CSE le 29 octobre prochain ».