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Continuer la lectureConstruction : Alphi se sauve grâce à une conciliation
En difficulté, ce spécialiste des chantiers BTP avait perdu 11,2 millions d’euros en 2023.
Inconnue du grand public, elle est pourtant présente partout en France sur les chantiers de grands noms du bâtiment comme Vinci, Bouygues ou encore Eiffage… En trente ans, la société Alphi, spécialiste des solutions de soutien à la construction (coffrages, étaiements, échafaudages), s’est imposée comme un acteur phare du secteur. Mais la société familiale savoyarde, dirigée par les frères Alexandre et Philippe Souvignet, a pris de plein fouet la crise de l’immobilier. Le groupe Alphi developpement - du nom de la maison mère - vient en effet de finaliser un protocole de conciliation avec ses créanciers, a appris l’Informé.
Le groupe avait ouvert cette procédure confidentielle le 21 mars dernier, au tribunal de commerce de Chambéry. Pour l’entreprise de 157 salariés, qui bénéficie notamment de l’appui financier de Bpifrance, la situation était devenue critique. Lors de son exercice clos à fin septembre 2023, elle avait enregistré une perte de 11,2 millions d’euros. Lourdement endettée, elle affichait aussi une ardoise de 12,5 millions d’euros.
L’essentiel a été sauvé. Selon les termes de l’accord entériné par le tribunal, l’actionnaire majoritaire (la société EAP, holding de la famille Souvignet) s’est engagée à apporter 1,6 million d’euros grâce à la mise en place d’un financement obligataire auprès de la plateforme de crowdfunding Monego. Les actionnaires minoritaires (Bpifrance, Garibaldi participations - filiale de la Banque populaire, Crédit agricole Alpes Developpement) ont quant à eux pris l’engagement de souscrire de nouveaux emprunts obligataires pour un montant de 420 000 euros. Ces derniers ont par ailleurs accepté de modifier les modalités de remboursements des prêts accordés à l’entreprise (franchise de paiement des intérêts, allongement de durée…). Les différentes parties se sont enfin accordées sur un gel de versement des dividendes.
Les banques ont également apporté leurs contributions au protocole. Les différents établissements auprès desquels l’entreprise s’était endettée ces dernières années ont tous accepté de réaménager leurs conditions.
À noter toutefois que la filiale Simpra, dont Alphi avait fait l’acquisition il y a deux ans, a été exclue de cet accord. Cette entreprise, dont l’activité est essentiellement basée en Île-de-France, a été placée en redressement judiciaire.
Contactée, la société Alphi ne nous avait pas répondu au moment où nous avons publié cet article.