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Grande conso

Ses produits fermiers à prix bas attirent moins... Kelbongoo dans la tourmente

L’entreprise fait face à une baisse de fréquentation. Elle vient d’être placée en redressement judiciaire, et cherche des repreneurs.

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Kelbongoo

Vendre en ligne des produits fermiers, locaux, de saison et à petit prix : sur le papier, le concept de Kelbongoo avait tout pour plaire. Malheureusement, l’histoire tourne mal. Selon nos informations, l’enseigne, qui compte 5 magasins à Paris et en Seine Saint Denis, plusieurs points de collecte mobiles et livre toute la capitale, vient d’être placée en redressement judiciaire le 3 janvier. Selon le jugement que nous nous sommes procuré, le tribunal de Commerce a estimé l’entreprise « en cessation des paiements, notamment du fait d’une perte de clientèle et de la crise sanitaire ».

Après avoir atteint 4,4 millions d’euros en 2021, son chiffre d’affaires est redescendu à environ 3,6 millions d’euros l’an dernier selon les données provisoires précisées par l’administrateur judiciaire. « Nous avons connu une croissance régulière de 2013 à 2020, marquée par un engouement assez fort durant la pandémie pour les circuits courts et les produits locaux, en soutien aux producteurs, nous précise Léa Barbier, présidente et cofondatrice de Kelbongoo. Mais il y a eu un vrai retour de bâton ensuite et les commandes ont commencé à baisser en 2021. La baisse s’est poursuivie en 2022 pour plusieurs raisons comme le resserrement du budget des consommateurs et la crise économique, l’alimentation servant de variable d’ajustement »

Le sort du réseau, toujours ouvert, et de sa cinquantaine d’employés reste incertain : un redressement est envisageable et un appel d’offres pour cession d’entreprise a été mis en place. Le coup est dur pour Kelbongoo. En 2013, Léa Barbier et l’autre confondateur Richard Fielding, parti récemment, avaient créé la société, appuyés par divers investisseurs « à impact » (le fonds Novess, Inco Investissement et Aviva Impact Investing France), avec de fortes ambitions : proposer des produits de qualité à des « prix accessibles dans les quartiers mixtes et populaires, tout en soutenant des petits producteurs locaux aux pratiques respectueuses de l’environnement et des bêtes ». Reconnue comme entreprise de l’Économie Sociale et Solidaire (elle dispose d’un agrément en ce sens délivré par l’État), la société redistribue 70 % du montant des ventes aux producteurs, et récupère les 30 % restants pour payer les frais logistiques, le transport, les loyers des magasins et les salaires.

En cette période post-covid délicate, Kelbongoo n’est pas la seule enseigne du secteur dans la tourmente. Après un fort développement pendant la pandémie, et beaucoup d’ouvertures, de nombreux réseaux bios ou en circuit court subissent aussi une baisse de fréquentation, souvent lourde de conséquences. Ainsi, nos confrères des Échos ont dévoilé le 9 janvier les difficultés rencontrées par la Ruche qui dit oui ! Le pionnier du circuit court alimentaire en France a décidé de procéder à une cinquantaine de licenciements ainsi que la fermeture de ses six magasins parisiens, tout en décidant de nommer une nouvelle direction.