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Grande conso

Planet Sushi, c’est (sans doute) fini

L’un des pionniers du développement du sushi en France vient d’être placé en liquidation judiciaire après une aggravation de ses pertes.

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ERIC PIERMONT / AFP

Le couperet tombe pour le groupe Planet Sushi. Selon nos informations, l’enseigne de restaurants de poisson cru vient d’être placée en liquidation judiciaire par le tribunal de commerce de Nanterre. La structure de tête, sa vingtaine de restaurants détenus en propre et ses 330 salariés sont concernés...

Créée dès la fin des années 90 par Siben N’ser, cette chaîne est pourtant numéro deux du marché, avec une cinquantaine d’adresses en France et environ 70 millions d’euros de chiffre d’affaires. Mais son succès commercial cache depuis longtemps de profondes difficultés financières. Après avoir connu une première procédure de sauvegarde en 2015, le réseau, chahuté par le Covid, a une nouvelle fois été placé en redressement judiciaire en 2020, plombé par 16 millions d’euros de dettes. Malgré un plan de continuation prévoyant d’étaler cette ardoise sur dix ans, Planet Sushi n’a pu sortir la tête de l’eau : l’enseigne a enregistré une nouvelle perte de 1,3 million d’euros sur les trois premiers trimestres 2022. Bien loin des objectifs de relance du plan de continuation.

À sa décharge, le marché du sushi n’est pas un terrain de jeu facile. D’une part,  les coûts - de matières premières et de personnel notamment - sont élevés. De l’autre, la croissance y est laborieuse. Contrairement à ce que l’on pourrait penser, le segment japonais reste confidentiel comparé à celui du burger ou de la pizza. « Il se vend 70 millions de portions de sushis contre 1,7 milliard de pizzas par an, précise Bernard Boutboul, expert du secteur de la restauration et fondateur du cabinet Gira. C’est un produit relativement cher, qui subit, en outre, la poussée d’autres cuisines asiatiques perçues comme plus saines et plus instagrammables (vietnamienne, thaïlandaise, coréenne…).  » Pour finir de compliquer la donne sur ce marché mature, les enseignes traditionnelles subissent la multiplication de kiosques spécialisés dans les grandes surfaces.

Des changements managériaux importants

Chez Planet Sushi, la valse des dirigeants n’a pas facilité les choses non plus. Si le fondateur (qui n’a pas répondu à nos sollicitations) est toujours resté aux commandes, les directeurs généraux se sont succédé. En 2018, Alexandre Maizoué, ancien de la Pataterie, a rejoint l’entreprise… Mais n’y est finalement resté qu’un an, préférant quitter son fauteuil en raison de divergences de vues avec Siben N’ser. Son remplaçant, Gilles Piquet-Pellorce (ancien patron de Biocoop) a ensuite été promu président du directoire fin 2021 dans l’élan du plan de continuation…  La mission aura été de courte durée : le dirigeant a mis les voiles quelques mois après avoir pris du galon.

Jusqu’au bout, Planet Sushi aura tenté de sauver ce qui pouvait l’être, mettant en avant lors de son audience de février 2023 la possibilité d’une offre de reprise sur 14 sociétés du groupe. Deux candidats, CMCM et Rochefolle Construction, promettaient d’apporter 2,5 millions pour financer des investissements sur ces restaurants, à condition que le tribunal rejette les demandes de liquidation judiciaire. Mais devant le manque de sérieux apparent de ces postulants -et l’absence d’éléments solides sur ces 2,5 millions promis- le rebondissement de dernière minute n’aura pas eu lieu.